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Interview : Eden Bisiot

ALTER BRIDGE

ALTER BRIDGE

Janvier 2026

Alter Bridge : un album viscéral pour célébrer 20 ans de liberté artistique

Vingt ans de carrière, huit albums, et une identité toujours aussi forte.
À l’occasion de la sortie de leur nouvel album éponyme le 9 Janvier, Alter Bridge revient avec un disque viscéral, intense et profondément sincère. Nous avons rencontré Myles Kennedy et Mark Tremonti pour une discussion à cœur ouvert sur la création, l’évolution du groupe, l’équilibre artistique et cette longévité rare dans le monde du rock.

Bonjour à tous. Nous sommes aujourd’hui avec Myles Kennedy et Mark Tremonti du fabuleux groupe Alter Bridge. Comment allez-vous ?
Mark - Très bien, et toi ?
Myles - Merci.

Très bien. Nous sommes ici pour parler de votre huitième album, éponyme, qui sortira le 9 Janvier. Pour commencer : pouvez-vous le décrire en un seul mot ?
Myles - Non. (rires) C’est une très bonne question. Là, tu nous forces vraiment à utiliser nos neurones. Je dirais… qu’il est viscéral. Il y a des moments de voyage épique, comme sur le dernier morceau, mais une grande partie de l’album est très directe.
L’analogie que j’utiliserais, c’est conduire une vieille voiture de collection. Surtout une manuelle : tu passes les vitesses, tu entends le moteur rugir. C’est exactement ce que je ressens avec cet album. Pour le dire simplement : il est viscéral. La façon dont on a construit les riffs, leur intensité, et le fait de rester constamment dans cette énergie - sans trop rétrograder, mais en restant en quatrième et en allant vite.
Mark - Ce n’est pas un mot. (rires)
Myles - Viscéral.

Silent Divide a été le premier morceau dévoilé, et c’est aussi celui qui ouvre l’album. Est-ce pour cette raison que vous l’avez sorti en premier ?
Myles - Oui, c’était mon idée de l’utiliser comme ouverture. Le riff capte immédiatement l’attention. Une fois l’arrangement final terminé, on s’est rendu compte que le morceau montrait bien l’étendue de ce qu’on est en tant que groupe, avec beaucoup d’influences différentes. C’était aussi un bon premier single. Ce n’est pas une chanson radio typique, et on n’a plus vraiment envie de sortir ce genre de morceaux. On veut montrer ce qu’on aime en tant qu’artistes.
Mark - Oui. Exactement.

Au milieu de cette énergie très rock, on retrouve aussi des moments plus doux, presque des ballades. Comment trouvez-vous l’équilibre ?
Myles - C’est devenu une sorte de marque de fabrique du groupe. C’est drôle parce que je me suis un peu contredit tout à l’heure : il y a toujours ces moments plus calmes, juste moins souvent que sur certains autres albums. Ce côté plus émotionnel nous permet d’être plus vulnérables, et les fans apprécient ça. On a commencé dès le premier album avec In Loving Memory, puis Watch Over You sur Blackbird. C’est une tradition, et une partie du public l’attend. Et pour nous, c’est aussi l’occasion de nous exprimer différemment.

Comment ressentez-vous l’évolution du groupe depuis le premier album ?
Mark - On a énormément évolué. Une grande différence, c’est que Myles joue de la guitare maintenant - sur le premier album, il n’y avait que moi. Je peux aussi chanter davantage. Les arrangements sont beaucoup plus complexes. Le premier album était très direct. On a écrit des centaines de chansons, donc il faut constamment éviter de se répéter. Ça nous a fait explorer beaucoup de directions et devenir un groupe très différent.

Sur cet album, il y a un titre, Tested and Able, où on entend clairement ta voix, Mark. Était-ce un choix précis ?
Mark - Oui, j’adorais vraiment ce couplet. J’avais une ancienne version du morceau qui n’exploitait pas son plein potentiel, alors je l’ai réécrit pour cet album. Myles chante le refrain, et ce va-et-vient fonctionne bien pour nous. Il y a aussi Trust in Me, où je chante le refrain et Myles les couplets. Donc je chante sur deux morceaux, mais jamais sur une chanson entière. Je ne chante même pas les ponts. Je me suis fait avoir sur cet album, Myles. (rires)
Myles - On peut changer ça en live. Je te laisserai chanter les ponts, j’aime bien me reposer la voix. Il aime le chant, comme j’aime jouer de la guitare, c’est fun de pouvoir se partager les rôles.

On sent une très bonne cohésion dans le groupe. Comment ça se passe en studio ?
Myles - Beaucoup de bagarres. (rires) Non, sérieusement, on travaille ensemble depuis si longtemps qu’on sait comment tirer le meilleur de chacun pour servir les chansons. J’ai appris qu’il y a des moments où je pense avoir raison… et où je me rends compte plus tard que non. Il faut faire confiance aux instincts des autres. Quand tu laisses ton ego à la porte, c’est libérateur. On discute, on se respecte, et on essaie de créer la meilleure version de nous-mêmes. Ça demande du temps et de la maturité.

Vous avez appelé cet album Alter Bridge, notamment parce que vous avez le même line-up depuis 20 ans. Comment est-ce devenu une force pour vous ?
Mark - On est des gens très équilibrés. Aucun de nous ne veut être le chef. On est des amis qui se soutiennent. On a aussi d’autres projets pour les idées qui ne collent pas forcément à Alter Bridge, ce qui est très sain. Peu de groupes durent 20 ans. Nous, on n’a jamais eu de gros conflits.
Myles - La seule chose qu’on n’a pas faite, c’est partir en vacances ensemble. (rires)

Vous avez enregistré l’album aux studios 5150 d’Eddie Van Halen. Quel impact cela a-t-il eu ?
Myles - L’album aurait été très différent sans cette opportunité. Ça nous a poussés à donner le meilleur de nous-mêmes. C’est un lieu sacré. Wolfgang a été assez généreux pour nous laisser y travailler, et on ne voulait pas arriver avec des idées moyennes.

C’est votre huitième album. Comment continuez-vous à vous renouveler ?
Mark - Myles et moi écrivons en permanence. On ne s’arrête jamais. Les projets parallèles nourrissent la créativité, et quand on revient à Alter Bridge, tout semble plus frais.

Avez-vous expérimenté quelque chose de nouveau sur cet album ?
Mark - Changer de studio.
Myles - C’était le plus gros changement.
Mark - Et le matériel. On est très fiers du son de cet album. C’est probablement notre meilleur à ce niveau-là.

Le dernier titre, Slave to Master, dure neuf minutes. Comment l’avez-vous construit ?
Myles - Certaines idées ont besoin de temps. L’introduction date de 2018. Je savais qu’elle était spéciale. Ne pas se presser permet aux morceaux de grandir. Certains naissent en une nuit, mais c’est rare. Celui-ci avait besoin de mûrir.

Si cet album était la bande-son d’un film ?
Mark - Blade Runner. (rires) Ou Barbie.
Myles - Une comédie romantique. The Notebook 2.
Mark - Ex Machina.
Myles - Excellent choix.

Un mot pour vos fans ?
Mark - Merci de nous soutenir depuis toutes ces années, et merci tout particulièrement au public français. Vous nous donnez toujours envie de revenir !

Et vous revenez bientôt !
Mark - 18 Février à Paris, 13 Février à Bordeaux.

Comment trouvez-vous le public français en concert ?
Mark - Incroyable. Même quand on a joué devant 50 personnes, ils donnaient l’impression d’être 5,000. Les foules sont passionnées et intenses. C’est génial.
Myles - Et c’est une excuse pour revenir - c’est si magnifique. On récolte enfin les fruits de notre travail, et ça a pris des décennies.

Connaissez-vous des mots en français ?
Myles - Oui. Merci. Et je crois que c’est tout. (rires)

Merci beaucoup de nous avoir accordé un peu de temps aujourd’hui.
Myles - Mais de rien. Merci pour les chouettes questions.
Mark - Merci !

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