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Interview : Eden Bisiot

BRYMIR

BRYMIR

Octobre 2026

Brymir : « Nous voulons que chacun puisse placer nos histoires dans son propre univers »

Avec What We Leave Behind, Brymir ouvre un nouveau chapitre de son histoire. Plus sombre, plus personnel et marqué par une volonté de repousser les frontières de leur propre identité musicale, le nouvel album témoigne aussi d’une évolution importante dans leur manière de composer et de produire leur musique.


À travers cet échange, Viktor et Jarkko reviennent sur la création de ce disque, ses thèmes profondément personnels, mais aussi sur la nouvelle place accordée aux synthétiseurs, au sound design et aux silences. Le duo nous parle également de l’évolution de l’univers visuel de Brymir, désormais teinté de science-fiction, avec une volonté claire : laisser à chaque auditeur la liberté de créer son propre décor et d’interpréter les histoires à sa manière.


Entre catharsis, évolution artistique et envie de s’affranchir des étiquettes, Brymir nous emmène ainsi au cœur de What We Leave Behind.

Bonjour à tous ! Nous sommes aujourd'hui avec Viktor et Jarkko de Brymir. Comment allez-vous ?


Viktor — Oh, plutôt bien. On vient justement de faire une répétition, donc on est encore un peu essoufflés. On a un set vraiment long maintenant. Ça fait un moment qu'on joue des sets plus courts en festival et qu'on ne joue pas beaucoup en live du tout. Donc, on se prépare pour notre premier concert en tête d'affiche depuis longtemps, demain justement, et la répétition s'est vraiment bien passée. Pas vrai, Jarkko ?


Jarkko — Ouais, ça te donne envie d'être déjà à demain, mais oui, ça s'est bien passé.


Viktor — Et ça te rend aussi un peu nerveux. Parce que si la répétition se passe vraiment très bien la veille, tu commences à stresser. « Oh, est-ce que ça va marcher demain ? »


Jarkko — S'il reste une petite marge d'amélioration, alors tu es concentré, tu vois ? Tu te dis : « OK, je vais me concentrer là-dessus. »


Viktor — Ouais, exactement. Si la dernière répétition avant un concert est vraiment mauvaise, tout le monde est vraiment concentré, tu vois. Mais si la répétition est vraiment bonne, tu te dis : « Oh, je peux le faire. » Et puis tu vas commencer et te dire : « Oh mon Dieu, c'est tellement rapide. »



C'est super ! Et est-ce que vous allez jouer un morceau inédit demain ou pas ?


Viktor — Oui, on va jouer pas mal de morceaux du nouvel album. Et demain, on va également faire une pré-écoute avant le concert, histoire de faire venir les fans, vous voyez, parce qu'on a dû commencer cette sorte de tournée de sortie de l'album quelques semaines avant la sortie officielle de l'album.


Donc on va le faire demain, et j'espère qu'on pourra également l'intégrer à chaque concert jusqu'à la sortie de l'album, simplement pour donner aux fans la possibilité de venir écouter l'album avant d'entendre les morceaux en live, afin qu'ils puissent juger de la manière dont c'est censé se passer et de la manière dont ça s'est réellement passé.



Cet album, What We Leave Behind, sortira le 2 octobre. Est-ce que vous avez un seul mot pour le décrire ? Pourquoi ?


Viktor — Sombre.


Jarkko — Sombre, ouais. Pour nous.


Viktor — Eh bien, tout au long du processus d'écriture de cet album, et même simplement au moment de commencer à l'écrire, personnellement, en tant que principal auteur-compositeur, je n'étais pas dans une bonne période mentalement. Et dans ma vie en général, j'avais trop de choses à gérer, je m'étais engagé dans trop de choses, j'avais trop de responsabilités, en plus de tout ce qui concernait le groupe.


Et ouais, rien que le fait de commencer ce processus, de faire un disque aussi intense alors que j'étais déjà épuisé… C'est, tu sais, un assez mauvais présage. Et en même temps, toutes ces choses complètement folles ont commencé à se produire partout dans le monde.

Tellement de conflits ont éclaté. Quand j'ai commencé à écrire cet album, je crois que l'IA n'était même pas encore à l'ordre du jour à ce moment-là. Donc, tout ce genre de très grand changement… Tu sais, tout dans la société est affecté par ça. Tout ça s'est produit pendant le processus d'écriture de cet album.


Et c'est assez effrayant. Donc ouais, il y a tellement de choses effrayantes et horribles qui se passent partout dans le monde. Et en plus de tout ce qu'on a vécu individuellement, je n'étais pas le seul à traverser une période difficile.


Et les chansons… parce que les chansons de Brymir ont toujours été — ou du moins, sur nos trois précédents albums, depuis Wings of Fire - de plus en plus personnels. On peut décrire les choses, ou les habiller avec des métaphores issues de la mythologie.


Mais ce sont toutes des histoires vraiment personnelles. Et celui-ci contient les périodes les plus denses, les plus concentrées, les périodes vraiment, vraiment sombres de nos vies, tu vois, décrites à travers la mythologie et le langage qu'on utilise. Donc ouais, ça va être très thérapeutique de pouvoir jouer ces titres-là en live.


C'est un peu comme aller en thérapie ; écrire un album quand tu dois révéler ces choses sur lesquelles tu te mens à toi-même, ou essayer de te convaincre que quelque chose est comme ça simplement pour te protéger de sentiments de honte ou de culpabilité, ou peu importe.


Donc écrire des chansons est, du moins pour moi, une très bonne manière d'accéder à ces pensées difficiles auxquelles tu n'as même pas envie de penser consciemment. Donc quand tu écris des chansons, même quand tu n'en es pas encore aux paroles, simplement en écrivant la musique elle-même, tu arrives souvent à toucher quelque chose de réel, une expérience réelle.


Et tu pars de là, de l'ambiance. Et puis quand tu arrives aux paroles… C'est pour ça que c'est si bien d'avoir cette mythologie comme langage, que tu peux utiliser pour t'exprimer.


Tu peux vraiment révéler ou raconter des choses très personnelles et des choses privées que tu ne veux raconter à personne. Bien sûr, je peux tout dire à Jarkko, mais, tu sais, des choses vraiment privées. Je peux en parler à voix haute devant des milliers de personnes, tout en me sentant à l'aise parce que je connais toute l'histoire derrière tout ça.


Et les auditeurs qui connaissent bien la mythologie nordique, la science-fiction et les autres choses dont nous tirons nos métaphores peuvent interpréter les histoires, les véritables histoires qui se cachent derrière. Mais du moins pour moi, c'est très libérateur de pouvoir dire ces choses à voix haute, tu sais.



Oui. J'ai toujours entendu dire que c'était une sorte de catharsis pour les musiciens, mais ça l'est aussi pour les fans lorsqu'ils écoutent ce genre de morceaux.


Viktor — Oui. J'espère que cet album pourra aider certaines personnes à traverser les mêmes choses, ou à affronter leurs démons comme je l'ai fait en créant cet album. Pour moi, en tout cas, même si c'est l'album le plus sombre qu'on ait fait, c'est celui qui est le plus libérateur. Et j'espère qu'il le sera aussi pour les autres.



C'est intéressant. Et en fait, j'ai l'impression qu'à travers les titres, à travers les morceaux, on va avoir l'impression qu'une histoire nous est racontée au fil de l'album. Est-ce qu'il y a une histoire que vous vouliez raconter à travers cet opus ?


Jarkko — C'est assez étrange parce que, pour notre processus d'écriture, c'est toujours assez isolé dans le sens où on écrit ces morceaux toujours les uns après les autres. Ce sont toujours des morceaux très individuels. On reçoit souvent des commentaires qui disent : « Ouais, il y a cette sorte de narration globale », et que c'est vraiment un album qu'il faut écouter du début à la toute fin.


Mais notre processus d'écriture… Quand Viktor pense aux morceaux, ce sont toujours des choses individuelles. Donc c'est presque accidentel que toutes ces choses s'imbriquent parfaitement. Et puis cette narration globale émerge.


Même moi, maintenant que j'ai regardé l'ensemble et qu'on a réorganisé les différents morceaux, je peux en quelque sorte voir que, oui, il y a cette sorte de chose qui émerge. Mais c'est tellement abstrait que tu peux projeter une sorte d'histoire individuelle qui commence ici et mène vers ça. Et puis il y a cette possibilité de prendre le point de vue d'une personne qui traverse tout ce voyage.


Mais ensuite, je ne sais pas, pour moi, ça ressemble un peu à une projection forcée. Mais c'est ce que notre cerveau a tendance à faire : on veut voir des histoires là-dedans. Et c'est vraiment ce qui fonctionne sur l'album.


Mais on peut y voir une histoire, on peut, tu vois, raconter une histoire individuelle, mais ce sont vraiment des morceaux individuels qui se trouvent simplement, par hasard, à s'emboîter parfaitement. C'est presque un accident à chaque fois.


Viktor — Peut-être que la première fois, on a simplement eu de la chance, tu vois. Mais on apprend des choses quand on travaille ensemble depuis aussi longtemps. On apprend tellement de choses les uns sur les autres et sur ce qu'on fait que, d'une certaine manière, inconsciemment, on peut, créer une sorte d'ensemble plus grand que ce qu'on pensait être en train de créer.


Mais ici aussi, le morceau What We Leave Behind, c'est une histoire individuelle.


C'est une histoire assez triste, sur le chagrin d'amour et les regrets. Et sur le fait de laisser quelque chose derrière soi et de le regretter plus tard. Du genre : « Pourquoi est-ce que je l'ai quitté ? »


Tu sais, quand il est trop tard pour revenir en arrière, tu réalises, une fois arrivé à destination, que tu n'aurais pas dû partir en premier lieu.

Mais alors What We Leave Behind, c'est une question assez profonde. Tu peux l'appliquer à tellement de choses, et tout ça est arrivé par accident ou quoi que ce soit, de la magie ? Que cette question de What We Leave Behind est pertinente et peut s'appliquer à chaque morceau, chacun à sa manière.


Certains sont plus personnels, comme : « Qu'est-ce que j'ai laissé derrière moi ? » « Qu'est-ce que je veux laisser derrière moi ? » « Qu'est-ce que nous laissons derrière nous en tant que civilisation ? »


Et quel genre de monde voulons-nous laisser à la prochaine génération ?



Et parmi les deux morceaux qui sont déjà sortis, celui-ci était le premier. Alors pourquoi l'avoir choisi ? Je veux dire, est-ce que c'est pour cette raison que vous l'avez choisi comme morceau pour introduire ce nouvel album, ce nouvel ensemble d'histoires ?


Viktor — C'est juste que, parmi les morceaux de l'album, il possède quelque chose de vraiment nouveau… C'est une nouvelle approche et des éléments qui sont assez nouveaux pour nous, que nous pouvons utiliser dans notre boîte à outils pour l'écriture. Mais ça reste malgré tout tellement intrinsèquement Brymir que c'est comme une combinaison de nouveauté et de cette identité très forte que nous avons.


Et aussi peut-être parce que c'était en quelque sorte le premier morceau, même s'il y a des morceaux de l'album qui sont plus anciens, ou dont nous avons commencé l'écriture bien, bien, bien plus tôt.


Comme Jarkko, par exemple, a écrit le dernier morceau… Quand est-ce que tu l'as écrit, Jarkko ?


Jarkko — J'ai commencé à écrire ce morceau… En 2022, je crois.

Sa toute première version avait commencé à prendre forme avant même qu'il y ait Brymir. C'était dans un genre complètement différent.


Et ensuite, il a été retravaillé, réécrit encore et encore, pendant ces vingt dernières années. Donc il y a du vieux matériel là-dedans.


Mais ouais, What We Leave Behind est en quelque sorte ce qui a lancé le processus de création de cet album en lui-même. C'est le premier morceau qui a lancé le processus : « OK, c'est vers ça qu'on se dirige. »



Et sur cet album, je veux dire, on retrouve toujours cette lourdeur. Et on retrouve aussi cette sorte d'ambiance orchestrale sur laquelle vous avez travaillé, notamment avec les chœurs sur The Roaring King, ce genre de choses. Donc je suis assez curieuse de connaître le processus en studio, et de savoir s'il y a quelque chose que vous avez expérimenté sur cet album que vous n'aviez jamais expérimenté auparavant.


Viktor — Ouais. Avant, on avait beaucoup plus d'arrangements symphoniques et orchestraux pour nos morceaux. Et plus tôt dans notre carrière, on avait l'habitude d'écrire les morceaux et de les écrire dans un logiciel différent, ou avec une guitare, et ensuite on planifiait tous ces arrangements.


Mais seulement à la fin du processus, quand tu es en train de mixer en studio, tu réalises que, “putain… Comment est-ce qu'on va gérer pour faire rentrer tout ça ?” C'est comme avoir une tasse d'eau qui déborde.

Et depuis, ça a été un long processus d'apprentissage. Et à chaque album, on a réussi à aller un peu plus loin. Maintenant, on est enfin arrivés à une situation où personnellement, mon processus, c'est que j’enregistre déjà dans le même logiciel que celui que j'utilise pour réaliser les mixages finaux.


Donc tu connais vraiment déjà le moule que tu cherches à obtenir. Tu peux déjà, pendant l'écriture et la préproduction, prendre des décisions qui sont définitives, au lieu d'avoir simplement un million de choses, puis d'aller en studio et de devoir ranger tout le bazar après.


Comme ils disent dans les films : « Ça se règle en post-production. »


Donc maintenant, on est capables de corriger ou éviter de créer des situations problématiques avec les arrangements. Il y a eu une énorme évolution dans l'écriture. Et puis, tu sais, je ne suis pas moi-même guitariste, mais je travaille avec Joona, notre guitariste, depuis tellement longtemps avec Brymir.


Et aussi,j'ai travaillé dans l'enregistrement de Battle Beast, et j'ai tellement appris sur le travail de guitare en travaillant avec lui que je peux écrire des riffs, pour lesquels je connais parfois même mieux les limites de Joona que lui-même.


Je peux parfois lui écrire des choses qu'il trouve trop difficiles. Mais ensuite, quand je lui montre comment les jouer, ça sonne stupide parce que je suis le pire guitariste. Mais quand même, je peux même parfois apprendre des choses à Joona, du genre : “si tu le fais comme ça, alors ça fonctionne.”


Donc ouais, on a vraiment beaucoup évolué en tant qu'auteurs-compositeurs et tout le processus est plus contrôlé et mieux conçu dès le premier jour.


Jarkko — Je pense que si on devait dire ce qui est nouveau ici et que les gens peuvent entendre, ce serait peut-être l'audace des choix. On ne fait pas autant de ces choses orchestrales cette fois-ci, mais elles sont plus orientées synthés. Même sur le morceau-titre, il y a cette presque très audacieuse influence trance, et l'utilisation de ce genre de sons de musique électronique et de cette sorte d'esthétique.


C'est probablement la chose la plus nouvelle, ou celle à laquelle les gens ne s'attendraient peut-être pas autant de notre part, même si on a déjà joué avec ces éléments par le passé, mais maintenant ils sont beaucoup plus mis en avant.


Viktor — Ouais, et aussi, en utilisant une sorte d’approche un peu comme l’art abstrait, en créant des paysages sonores. Ça aide à créer une perspective et ça ajoute des éléments aux morceaux qui ne sont pas des choses purement musicales, mais plutôt des choses liées au sound design, qui viennent aussi de mes expériences dans le sound design pour le cinéma. La perspective est -selon moi- plus en 3D.


Mais c’est une question de perspective, de l’angle sous lequel tu regardes quelque chose. La même chose s’applique dans le passé, on avait tellement de choses qui se passaient tout le temps. Il y a des leads de guitare et des batteries ultra-rapides et des orchestrations et des chœurs, tout se passe en même temps. Et maintenant, avec ce disque, certains moments peuvent sembler encore plus puissants parce qu’on a appris à laisser un peu plus d’espace avant la partie super puissante, au lieu de simplement mettre des parties méga puissantes les unes après les autres.



Ouais. Et vous avez même ça sur trois morceaux, dont le morceau d’ouverture, où vous avez l’intro et ensuite vous avez le morceau qui est entièrement puissant.

Alors, quel est le processus derrière ça ? Qu’est-ce que vous vouliez en faire ? À l’origine, est-ce que c’était un seul morceau que vous avez séparé en deux ?


Viktor — Ouais, en quelque sorte. Quand on faisait le mastering, on réfléchissait vraiment à “où est-ce qu’on coupe ?”

Mais parce qu’à la base, ça pouvait être deux choses différentes.

Mais ensuite, quand tu écris les morceaux et que tu produis l’album, ils grandissent ensemble, ils deviennent une seule chose. Donc ensuite, tu te demandes où est-ce que tu coupes entre l’intro et le morceau suivant.


Certains sont vraiment conçus comme ça, comme une sorte de partie instrumentale, une sorte de prélude ou quelque chose comme ça pour ce qui vient après, simplement pour laisser un peu d’espace pour des parties instrumentales.


Je pense que ça aide aussi, comme avec cette histoire de perspective ; parfois tu vas vraiment dans quelque chose de très petit et ensuite tu passes à quelque chose de grand. Ça laisse de plus en plus de dynamique.


Jarkko — La manière dont on a réfléchi à ça, genre, il y a cette intro et ensuite, genre, elle est sur une piste séparée et ensuite ça enchaîne sur le morceau suivant. Ça a aussi — ça a aussi à voir, pas seulement avec le côté dramatique de la chose, mais aussi, eh bien, avec les réalités de, genre, tu sais, la culture des playlists et tout ça.


Tu veux que, quand le morceau commence, tu puisses en quelque sorte, le prendre à part et arriver rapidement à la bonne partie. Et même si on a pu le faire d’une certaine manière — comme, avoir cette intro plus longue, et ensuite le morceau qui commence ici — dans la culture actuelle, ça a du sens de mettre une coupure à cet endroit, pour pouvoir séparer le morceau de l’intro.


C’est aussi quelque chose auquel on a dû un peu réfléchir. Mais quand tu écoutes l’album, ça n’a pas vraiment d’importance où se trouve la coupure, je pense. La musique est toujours là.



Ouais, je suis d’accord avec ça. Et tu parlais de l’esthétique du son, mais je veux parler de l’esthétique des visuels, parce que je trouve que cette pochette correspond vraiment à la précédente, Voices in the Sky. Mais pas vraiment à celles d’avant. Du coup, comment en êtes-vous arrivés à ce nouvel aspect visuel ?


Viktor — Eh bien, on a vraiment beaucoup travaillé pour essayer de nous éloigner de cette image purement folk metal, cette sorte d’image qui a été fortement associée à Brymir, même si on n’a vraiment pas été un groupe de folk metal depuis notre premier album, qui remonte à il y a très longtemps.


Déjà avec l’album précédent, on a essayé de faire en sorte que les clips soient situés dans un contexte moderne, “à notre époque”. Il y a ce clip qui représente différentes époques, mais c’est un peu comme “on vit dans le présent”.


Mais maintenant, on voulait pousser ça encore plus loin, avec une esthétique de science-fiction, parce que c’est pour perturber les auditeurs, mais dans le bon sens, afin qu’ils oublient, je l’espère, cette association avec le folk metal.


Parce que je pense que ça laisse beaucoup plus de place à l’auditeur pour découvrir les morceaux et interpréter ce qu’on dit, selon ses propres termes, au lieu de lui imposer une prémisse prédéfinie, ou un décor. Avec certains groupes, tu peux avoir un morceau très beau et très émotionnel, mais parce que c’est un groupe de folk metal, comme par exemple, Moonsorrow ou Finntroll, quoi que tu fasses, quand tu fermes les yeux, tu es dans une forêt ou sur un bateau viking ou quelque chose comme ça.


Mais j’aimerais que l’auditeur, quand il écoute le morceau et ferme les yeux, puisse placer l’histoire n’importe où, dans un endroit qui a du sens pour lui.


Jarkko — Ouais. Et l’artwork en lui-même on avait les deuxième et troisième albums qui avaient été réalisés par Claudio Bergamin, on avait cette bonne relation de travail avec lui. Ensuite, pour le dernier album, on avait Tuomas Rauhalainen.


Je ne pense pas pouvoir me rappeler comment on en est arrivés à ces différentes étapes dans l’esthétique des pochettes d’album. Pour le dernier album, on voulait simplement quelque chose de différent. Et maintenant, le nouvel album a en fait été réalisé par Samuli Ponsimaa Skrymer, de Finntroll, et qui réalise toutes leurs pochettes d’album.


Et on est devenus de bons amis avec lui quand on a tourné avec Finntroll en 2022. Et c’était une évolution naturelle. Les instructions étaient de faire quelque chose d’un peu science-fiction, de cool, de le sortir aussi de cette sorte de forêt de trolls et de fées pour laquelle il est davantage connu.


Ensuite, il nous a livré cet artwork. Et on s’est dit : “oui, c’est exactement ce qu’on veut faire.” Genre, il y a cette, comme, liberté radicale, de pouvoir placer nos morceaux dans l’endroit que tu imagines, dans ton esprit ; ce n’est pas figé. C’est en quelque sorte la manière dont l’artwork de l’album et les visuels ont évolué.


Viktor — Ouais. Pour cet album, je voulais juste avoir quelque chose de différent, quelque chose de nouveau. Et ouais, on est devenus de très bons amis avec Samuli.


Et l’une des raisons pour lesquelles on a créé ce lien aussi rapidement, c’est que en grandissant, même s’il a quelques années de plus que nous, on avait quand même les mêmes influences, les mêmes univers de fantasy et de science-fiction qui nous passionnait beaucoup. Donc c’était vraiment facile, genre : « Oh, j’adore ça. » « J’adore ça. »


Il était vraiment enthousiaste quand on a simplement suggéré quelque chose comme de la science-fiction, d’avoir l’occasion de dessiner quelque chose de sci-fi au lieu de ce qu’il fait souvent, qui sont davantage des choses liées à la nature et à cet univers, cette mythologie fantasy. Il a mélangé les choses.


Nous sommes avant tout un groupe qui met la musique au premier plan.

L’artwork est davantage comme une réflexion après coup, contrairement à beaucoup de groupes où on dirait que c’est presque l’inverse pour eux. Ils commencent par se dire : ‘OK, voilà le film dont on va faire la bande originale.” Nous, on veut faire la bande originale et le public crée le film pour lui-même.



C’est vraiment chouette !

Ce sera ma dernière question. Est-ce que vous avez un message pour les personnes qui vous écoutent ?


Viktor — Croyez en vos rêves. Et n’arrêtez jamais d’essayer. Le travail acharné finit par payer. Et même quand le monde semble être au plus sombre, ça ira probablement mieux. Donc ouais, prenez ça tranquillement, respirez un bon coup, et tout ira bien. Et écoutez Brymir !


Jarkko — Je pense que c’est déjà un assez bon résumé. Je ne sais pas vraiment quoi ajouter. C’est assez difficile de formuler une sorte de message qu’on voudrait faire passer, parce qu’on veut toujours laisser au public la possibilité de réfléchir à ces messages et à ces émotions, et de trouver sa propre catharsis et ses propres conclusions. Je pense que Viktor l’a plutôt bien dit !


Viktor — On peut aussi ajouter le classique que j’ai aussi envie de dire : on vient vous chercher. Où que vous soyez dans le monde. Et on va jouer pour vous, et je pense qu’on va passer un très bon moment ensemble. Alors allez écouter notre nouvel album et venez nous voir en live quand vous en aurez l’occasion !



Merci pour votre temps et votre gentillesse !


Viktor & Jarkko — Merci !

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