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Interview : Eden Bisiot

EYE OF MELIAN

EYE OF MELIAN

Avril 2026

Entre musique de film et univers fantasy : quand l'univers du metal prend un tournant

Avec Forest of Forgetting, Eye of Melian nous invite à ralentir, à respirer, et à nous perdre dans un univers où la musique devient un véritable refuge. Inspiré par la fantasy et les bandes originales de films, le projet mené par Martijn propose une expérience immersive, entre orchestration cinématographique et émotion pure. À l’occasion de cette sortie, nous avons échangé avec lui sur la genèse du groupe, son processus créatif et cette volonté d’offrir à l’auditeur une échappatoire hors du quotidien.

Bonjour à tous, nous sommes aujourd’hui avec Martijn du groupe Eye of Melian. Comment vas-tu ?
Martijn - Je vais très bien, merci.

Nous sommes ici pour parler de votre nouvel album, mais avant ça, j’aimerais revenir sur votre groupe. J’ai entendu dire qu’il était inspiré de l’univers de Tolkien, et même que votre nom en vient. Tu peux nous en dire un peu plus ?
Martijn - Oui, dans le groupe, on adore tous la fantasy. On écoute des audiobooks ou on lit des livres de fantasy, et on est aussi très inspirés par tout l’univers que Tolkien a créé, comme Le Seigneur des Anneaux, Le Hobbit et Le Silmarillion. Et justement, Melian est un personnage du Silmarillion. Donc on est vraiment inspirés par tout ça, et c’est pour ça qu’on aime créer ce genre de musique avec une ambiance un peu “film fantasy”.

Et ça se ressent vraiment, il y a un côté très cinématographique. Tu le vois plus comme du storytelling ou simplement comme de la musique ?
Martijn - Oui, ça peut être les deux. Mais c’est surtout une manière de peindre une ambiance. Il y a certains morceaux qui racontent des histoires, mais il n’y a pas de fil rouge global entre toutes les chansons. Ce sont des morceaux indépendants : certains sont plus poétiques, d’autres plus concrets dans leur narration.

Vous avez sorti ce nouvel album, Forest of Forgetting, le 20 février 2026. D’où vient ce titre ?
Martijn - Déjà, il y a un morceau sur l’album qui s’appelle Forest of Forgetting. L’idée, c’est de pouvoir laisser ses soucis du quotidien de côté pendant un moment, entrer dans la forêt, oublier ces préoccupations et trouver une forme de paix. Cette idée vient de Robin, qui écrit la majorité des paroles. Au début, je pensais que ça voulait dire oublier qui on est, perdre son identité, ce qui est plus sombre. Mais non, pas du tout, c’est vraiment quelque chose de paisible, l’idée d’oublier les mauvaises choses pendant un moment, puis de ressortir de cette “forêt” comme rafraîchi, en quelque sorte. C’est ça l’idée, et c’est pour ça que l’album porte ce nom.

Qu’aimeriez-vous que les auditeurs ressentent après avoir écouté l’album ?
Martijn
- Qu’ils se sentent apaisés, inspirés, qu’ils puissent s’échapper du quotidien pendant un moment. Tout le monde a sa routine, et là, l’idée, c’est de se retrouver dans un autre environnement pendant un instant. C’est ce qu’on veut offrir : une sorte d’univers fantasy, un monde différent.

Vous avez lancé cette nouvelle ère avec le single Blackthorn Winter. Comment prépare-t-il l’auditeur à l’album ?
Martijn
- Je pense que Blackthorn Winter contient beaucoup d’éléments qui définissent Eye of Melian. Le morceau est un peu mystérieux, avec des aspects plus sombres, mais aussi des moments très lumineux et pleins d’espoir. On aime beaucoup cette idée de musique qui pourrait venir d’un film fantasy, et ce morceau a vraiment cette ambiance. Il parle du printemps, mais où soudain, l’hiver revient, comme si tu ne voulais plus de l’hiver, mais qu’il revenait quand même. C’est un peu ça, l’idée du morceau.

J’ai l’impression que l’orchestration joue un rôle énorme dans l’album. Comment vous équilibrez ça avec des instruments plus “traditionnels” ?
Martijn - Justement, on n’a pas vraiment d’instruments de groupe traditionnels. On a du piano, ce qu’on peut considérer comme classique, mais Johanna joue du violon, Robin aussi un peu. On n’a pas de basse ou de guitare saturée. Donc on n’a pas à intégrer ces éléments, et du coup tout se fait de manière très organique. C’est vraiment comme un orchestre, construit comme un orchestre, avec du chant par-dessus. C’est un peu différent de ce à quoi les gens sont habitués, et je pense que c’est aussi ce qui rend ça intéressant.

En studio, est-ce que la musique a parfois pris des directions inattendues ?
Martijn - Oui, on se laisse toujours guider par la musique. Quand j’écris, je commence simplement à jouer, sans direction précise. Si je suis inspiré, je m’assois au piano et les choses arrivent. Donc c’est toujours un peu surprenant. Mais ça finit souvent dans cette direction orchestrale, très “bande originale”. Ensuite, je donne le morceau à Mikko, qui a fait des orchestrations pour beaucoup de groupes, comme Sonata Arctica ou mon autre groupe Delain. Quand il développe les arrangements, ça prend de l’ampleur. Puis ça passe à Robin et Johanna. C’est un processus très organique, et c’est toujours un cadeau de découvrir ce que chacun apporte. On partage tous la même vision, ce qui n’est pas toujours le cas dans un groupe. Donc ce n’est pas si inattendu au final, mais au départ, on ne sait jamais où ça va aller.

Tu parlais de ton autre groupe, Delain, très ancré dans le metal, alors qu’Eye of Melian est beaucoup plus symphonique et atmosphérique. Pourquoi cette direction ?
Martijn - Parce que j’ai toujours été fasciné par la musique de film, par John Williams, Hans Zimmer, Danny Elfman… Ce sont des influences très importantes pour moi. J’avais envie d’explorer ça davantage. J’en ai parlé avec les autres membres du projet, et ça leur parlait aussi. C’est comme ça que tout a commencé. Avec Delain, il y a aussi de l’orchestral, mais ça reste du metal avec des riffs. Ici, c’est une autre approche, qui me permet d’explorer une autre facette.

Quelle est la différence dans ton processus créatif ?
Martijn - Avec Delain, j’ai souvent un objectif précis en tête. Avec Eye of Melian, je commence sans plan, je joue et je vois où ça me mène. Je ne me préoccupe pas de la structure classique des chansons. Avec Delain, c’est plus structuré. Les deux approches sont intéressantes, mais très différentes.

On décrit souvent Eye of Melian comme du symphonic metal, mais ça sonne beaucoup plus orchestral et cinématographique. Tu le vois comme du metal ?
Martijn - Non, pas vraiment. Ce n’est pas un projet metal. C’est vraiment de la musique de film fantasy. Mais il y a un lien, parce que beaucoup de fans de metal aiment aussi la fantasy. Moi aussi d’ailleurs.

Beaucoup de fans de metal sont un peu geeks.
Martijn - C’est vrai (rires). Je l’ai remarqué au Comic-Con : il y avait beaucoup de fans de metal. Il y a clairement un lien entre ces univers.

Quelle importance ont les genres pour toi ?
Martijn - Les étiquettes peuvent aider à présenter la musique, mais elles sont toujours un peu réductrices. C’est à la fois utile et limitant.

Et pour quelqu’un qui te connaît via Delain, qu’aimerais-tu qu’il découvre avec Eye of Melian ?
Martijn - Ce n’était pas forcément l’objectif de montrer une autre facette. C’est surtout que j’aime faire cette musique. J’espère que ça parlera aux gens qui aiment la fantasy.

Un mot pour les auditeurs ?
Martijn - Merci beaucoup de prendre le temps d’écouter cette musique. J’espère qu’elle leur apporte de la paix ou de l’énergie. Grâce à eux, on peut continuer à faire ce qu’on aime. Et ça, ça compte énormément pour nous.

Merci beaucoup pour ton temps aujourd’hui !
Martijn - Merci à vous, c’était un plaisir.

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