De retour sur le devant de la scène après plusieurs années d'absence, Kittie continue de faire vivre son héritage tout en regardant résolument vers l'avenir. Avec Fire, le groupe canadien a marqué son retour discographique en 2024, avant de reprendre la route et de retrouver un public qui, génération après génération, continue de découvrir sa musique.
À l'occasion de leur passage au Motocultor Festival 2026, nous avons rencontré Mercedes Lander pour parler de ce nouveau chapitre de Kittie, de l'évolution de son public, de la nouvelle dynamique du groupe et de la manière dont ses morceaux de Spit résonnent encore aujourd'hui. Entre souvenirs, changements dans l'industrie musicale et plaisir de jouer avec ses meilleures amies, la musicienne revient sur ce qui fait toujours battre le cœur de Kittie, 26 ans après ses débuts.
Bonjour à tous, nous sommes aujourd'hui avec Mercedes de Kittie. Comment vas-tu ?
Je vais merveilleusement bien. Et vous ?
Bien ! Nous sommes ici pour le premier jour du Motocultor. Vous allez jouer dans quelques heures. Comment te sens-tu ?
J'ai vraiment hâte de jouer. Je pense que ça va être super fun. Nous n'avons encore jamais joué à ce festival. J'ai vraiment hâte de voir tous les visages heureux et souriants. Je crois que notre set dure environ une heure, et j'ai vraiment hâte d'y être.
À quel point trouves-tu que votre public est différent aujourd'hui par rapport à avant votre pause ?
Je pense qu'il y a beaucoup plus de jeunes qui ont découvert le groupe au cours des quinze dernières années. Quand on joue en tête d'affiche, par exemple, on regarde le public et il y a des gens qui ont mon âge, mais aussi des jeunes de 13, 14, 15, 16 ans. C'est assez chouette de voir cette différence parmi les gens. J'aime toujours dire que Kittie est pour tout le monde. C'est vraiment représentatif de ce qu'est notre live. Il y a plein de types de personnes différentes qui viennent à nos concerts. On n'a pas qu'un seul type de public, ce qui est plutôt sympa. On aime la diversité.
Vous avez joué au Hellfest l'année dernière, donc vous avez déjà fait une première apparition en France. Comment te sens-tu à l'idée de venir au Motocultor ?
On adore la France. On adore venir ici pour plein de raisons. Notre concert au Hellfest l'année dernière était fantastique. On a adoré. Il faisait très chaud ce jour-là. On a passé un super moment. J'espère qu'on va remettre ça et j'ai hâte de voir tout le monde aujourd'hui.
Beaucoup de choses changent. L'industrie musicale évolue également. Est-ce qu'il y a quelque chose qui a changé et qui t'a surprise lorsque vous avez enregistré et sorti l'album de “comeback”, Fire ?
Je pense qu'une des grandes différences, c'est que les gens ne tournent plus comme avant. À l'époque, on partait neuf mois par an. Ça n'arrive plus aujourd'hui. Maintenant, on fait de très courtes périodes de tournée. La plupart des groupes font de très courtes périodes de tournée aujourd'hui. C'est assez génial que ce soit devenu comme ça. On n'a plus besoin de passer 90 % de notre vie dans un bus, ce qui est une bonne chose.
Je trouve qu'en ce qui nous concerne, on est devenues très sélectives sur ce qu'on fait. On ne fait que les choses qui nous semblent vraiment en valoir la peine. Je pense qu'à notre époque, c'est une bonne chose de ne pas être partout tout le temps. Je pense que c'est l'une des grandes différences. On n'a plus besoin de se tuer sur la route.
Avec les différents changements de line-up et l'évolution du groupe, comment est-ce que tu trouves que la dynamique entre les membres a elle aussi évolué ?
J'ai l'impression que… Avoir quelqu'un comme Tara dans le groupe, qui est une guitariste absolument incroyable, extrêmement talentueuse… Avoir quelqu'un comme elle dans le groupe, et avoir une véritable guitariste lead, c'est fantastique. Sur les quatre ou cinq derniers albums, le simple fait qu'elle apporte cette petite touche supplémentaire a vraiment permis d'élever notre écriture et d'emmener le groupe vers un autre niveau.
Et puis, bien sûr, avoir une bassiste vraiment compétente est également très important pour nous. Donc avoir Ivy dans le groupe, c'est fantastique.
Cette fille, je vous jure. Elle a deux jeunes enfants, donc elle ne passe pas beaucoup de temps à faire ce genre de choses. Elle doit toujours rentrer chez elle auprès de ses enfants. Alors chaque fois qu'on enregistre, elle prend l'avion, vient pour trois jours, enregistre ses lignes de basse à toute vitesse et fait juste “Bon, à plus tard. Salut les gars.” C'est génial. J'adore. Elle est tellement douée dans ce qu'elle fait. C'est juste une personne fantastique.
Donc je trouve que cette formation du groupe est très stable depuis longtemps. C'est merveilleux de pouvoir jouer avec des musiciens compétents. Parce que très souvent, Morgan et moi avions l'impression de devoir soutenir les autres membres, certaines personnes qui étaient dans le groupe et qui n'étaient pas forcément très bonnes.
Je me souviens d'une tournée où notre ingé son n'avait même pas mis une des guitaristes dans le mix, parce que ce n'était tout simplement pas très bon. Alors il avait mis la guitare de ma sœur des deux côtés de la sono. C'est assez drôle, non ?
Mais encore une fois, c'est juste l'une de ces choses. Aujourd'hui, on est à un niveau où on n'a plus besoin de porter les autres musiciens à bout de bras, ce qui est très agréable.
Vous avez récemment revisité certains de vos morceaux de Spit, plus de vingt ans après la sortie de l'album original. La musique a beaucoup évolué au fil des années. Pourquoi était-il important pour vous de revisiter ces morceaux ?
Eh bien, je pense que c'est parce qu'on joue toujours ces morceaux, et qu'on a choisi, parmi cet album, ceux qu'on joue encore en live. Et si on a choisi ces morceaux, c'est parce qu'on voulait donner aux fans une version actualisée de ce à quoi ils ressemblent aujourd'hui sur scène. Enfin, ce sont clairement les mêmes chansons, mais dans une version actualisée. Donc ce que vous entendez sur cet enregistrement, c'est ce que vous allez entendre en live.
On a réenregistré ces morceaux parce que c'est vraiment le jour et la nuit, tu vois ? Je veux dire, très souvent, l'intensité est la même, mais dans une version très différente, probablement un peu plus précise, je dirais. Donc oui, j'ai adoré. On était simplement heureuses d'avoir l'occasion de réenregistrer ces morceaux. Et c'est cool. On voulait juste donner aux fans un petit quelque chose en plus, du genre “Voilà, c'est à ça que ça ressemble en live, au cas où vous ne pourriez pas nous voir en concert.”
Vous avez donc toujours un lien très fort avec vos racines, même lorsque vous sortez de nouvelles musiques aujourd'hui ?
Oui, bien sûr, bien sûr. Enfin, ce sont nos chansons, tu vois ? Ce sont des chansons qu'on a écrites quand on était très jeunes. Et c'est intéressant parce que beaucoup de ces morceaux tiennent encore vraiment la route, ce qui est très agréable. C'est donc assez gratifiant de regarder le public et d'entendre des gens chanter encore ces chansons 26 ans plus tard.
Je pense qu'on n'a plus qu'une question et ce sera terminé. Après tout ce que vous avez vécu, les nombreux défis liés à l'industrie, les changements dans le monde de la musique… Qu'est-ce qui te rend encore heureuse et enthousiaste à l'idée d'être dans un groupe, toutes ensemble ?
Je pense que c'est l'amitié. On en parlait l'autre jour. C'est tellement agréable de pouvoir se réveiller et faire de la musique avec ses meilleures amies. Tu sais, on passe toutes du temps ensemble. On dîne toutes ensemble. On va chercher du café ensemble le matin. C'est tellement agréable de pouvoir passer du temps ensemble et d'avoir cette amitié.
Donc oui, je pense que c'est un peu ça qui fait tenir le groupe.

