Quelques heures avant leur passage sur scène au Motocultor Festival, nous avons pu échanger avec Klone. Le groupe, reconnu pour ses ambiances aériennes et ses compositions profondes, a parlé de son dernier album The Unseen, de la manière dont leurs expériences personnelles influencent leur musique, et de leur rapport au live. Entre stress avant le concert et réflexions sur leur identité sonore, cette interview capture parfaitement l’équilibre entre spontanéité et maîtrise qui fait la force de Klone.
Bonjour, on est ici au Motocultor avec le groupe Klone ! Comment allez-vous ?
Morgan – Ça va très bien.
Aldrick – Super, et toi ?
Vous jouez dans quelques heures seulement sur scène, comment vous vous sentez ?
Morgan – Stressé aujourd’hui.
Aldrick – Un petit stressos.
Morgan – Il y a des jours non, des jours oui… aujourd’hui c’est oui. Il y a du monde, et on est fatigués… d’avoir rien fait.
Aldrick – Voilà, exactement. Vivement qu’on joue pour être encore plus fatigués ! [rires] Non, ça va, c’est le stress normal.
Morgan – C’est cool d’être là, ouais !
Est-ce qu’il y a des groupes que vous avez vus, ou que vous aimeriez voir ?
Morgan – On est arrivés il y a une heure, donc rien vu du tout, direct en interview.
Aldrick – En fait je sais même pas trop ce qu’il y a… Je crois qu’il y a Dimmu Borgir, Kerry King… Mais franchement, je sais pas si on aura le temps avant le concert. Après, on enchaîne les interviews, on mange… donc pas trop le temps de flâner. Peut-être un peu, mais ce sera anecdotique. Je crois qu’il y a Carpenter Brut aussi, les potes de Poitiers… peut-être qu’on ira les voir vite fait, je sais pas trop.
C’est le dernier groupe à passer aujourd’hui !
Aldrick – Certainement… le meilleur.
Le meilleur pour la fin !
[rires]
J’aimerais revenir sur votre album The Unseen. Quelle a été l’idée de départ, plutôt sur le plan thématique ?
Morgan – Tu vois, l’interviewé à la table d’à côté, c’est lui qui a les réponses.
Aldrick – Ouais, c’est Guillaume qui compose pas mal, donc il a un peu les réponses à tout ça. En fait, on a trouvé la pochette, et à travers elle un concept assez lumineux, assez positif, avec ce personnage qui représente “l’invu”, l’invisible. De là, on a trouvé le titre, qui a donné une direction assez claire pour la création. Après, Yann reste assez secret sur ses textes, donc je pourrais pas te dire précisément le concept. Mais c’est sûr qu’on est influencés par ce qu’on vit au quotidien : il y a eu des naissances, des choses heureuses, donc ça a donné une énergie plus positive avec le temps. Ce n’est pas une recherche conceptuelle stricte, mais plutôt une énergie qui a influencé l’album.
Comment voudriez-vous que les fans se sentent en l’écoutant ?
Aldrick – Qu’ils se sentent bien. Émus, qu’ils planent un peu, qu’ils décollent de leur quotidien. On a des formats assez longs, assez aériens, éthérés… On veut que les gens décollent avec nous, que ça les fasse triper, se sentir plus légers. Après, ça dépend des morceaux, parfois ça fait “bader”. Mais sur cet album-là, on voulait quand même transmettre quelque chose de positif.
Morgan – Je suis d’accord. Avant que je rentre dans le groupe, ce qui m’attirait chez Klone, c’était ce côté dépressif qui me rendait triste. Certains recherchent ça, d’autres l’inverse. Moi c’était ça qui m’accrochait : une tristesse, mais avec une pointe d’espoir, de lumière. Il y a toujours un peu de lumière malgré tout.
Aldrick – Voilà. Pas forcément de la nostalgie, mais ce petit côté “badant” qui t’amène quand même vers une sorte de tunnel avec une lumière au bout.
Vous avez sorti un titre de plus de 10 minutes. Est-ce que vous aimez travailler sur ces formats-là, ou vous préférez aller droit au but avec des morceaux plus courts ?
Aldrick – Comme on le dit souvent, on n’a rien décidé à l’avance. Il n’y a pas de format, pas de structure figée. Ce sont nos vies qui influencent les compositions. On essaie d’éviter de se répéter, même si parfois, sans faire exprès, on retombe dans nos propres codes. Mais voilà, on ne suit pas une recette.
Morgan – On n’a pas cherché à faire un morceau de 11 minutes à tout prix. Il fait 11 minutes, bah il fait 11 minutes, point.
Vous laissez venir l’inspiration telle qu’elle.
Aldrick – Oui, exactement. Si le morceau a encore des choses à dire, on le laisse vivre. Pas de chronomètre, c’est assez libre.
Y a-t-il des choses que vous avez expérimentées sur cet album que vous n’aviez jamais testées avant ?
Aldrick – Pas vraiment de grosses nouveautés en termes de son.
Morgan – Mais tu vois, un morceau comme Magnetic, c’est quand même beaucoup moins dépressif, presque lumineux du début à la fin. Avant, il n’y en avait pas vraiment eu comme ça.
Aldrick – C’est vrai, pas tant en termes de son que d’émotion. Là oui, il y a quelque chose de nouveau. Magnetic, c’est assez pop finalement, et vraiment positif. C’est rare pour Klone.
Morgan – Oui, lumineux au sens “pas du tout dépressif”.
Aldrick – Voilà. Si nouveauté il y a, c’est celle-là : une énergie très positive.
Vous avez aussi expérimenté avec l’acoustique, l’unplugged… Est-ce que ça a influencé votre façon de composer ?
Aldrick – C’est vrai que beaucoup de morceaux commencent sur une guitare sèche, même les riffs. Faire de l’unplugged, c’est un retour à l’essentiel de la compo. Mais ça ne change pas vraiment : que ce soit sur une guitare sèche ou électrique, la base est la même.
Morgan – Mais en live, c’est différent. Ça permet aux gens d’écouter autrement. Et puis ça a ouvert des possibilités : jouer dans des endroits où l’électrique aurait été compliqué, et toucher peut-être une autre audience.
Aldrick – Oui, ça élargit. L’acoustique, c’est plus facile à écouter pour ceux qui ne viennent pas du métal.
Est-ce que la scène heavy rock actuelle influence votre création ?
Morgan – Pas dans Klone, je pense.
Aldrick – Non. Guillaume, lui, est au courant de tout ce qui sort, mais nous on est un peu plus détachés. On ne cherche pas à sonner moderne, ni technique. On fait notre truc.
Morgan – Voilà, on ne cherche rien en particulier.
Aldrick – La musique de Klone existe depuis assez longtemps pour ne pas avoir besoin d’aller piocher dans les tendances actuelles. Bien sûr, il y a toujours des petites influences dans les arrangements, mais pas au point de calquer un style. On a plus de profondeur que ça, heureusement.
Avez-vous un message pour vos fans ?
Aldrick – Merci beaucoup de nous suivre après toutes ces années. On espère que vous viendrez nous voir en concert, il y a encore pas mal de dates cette année, une dizaine. Un nouvel album se prépare aussi pour l’année prochaine, avec encore de la tournée. Merci de nous faire vivre, et on espère vous faire triper encore longtemps !

