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Interview : Eden Bisiot

LAURA COX

LAURA COX

Octobre 2025

“Je n’ai pas cherché la cohérence” : Laura Cox se libère avec Trouble Coming

Laura Cox revient en force avec Trouble Coming, un album où riffs incisifs et mélodies vulnérables se croisent pour explorer la santé mentale, le chaos du monde et la quête de sens en pleine tempête.
À quelques jours de sa sortie, la guitariste franco-britannique se confie sur ses inspirations, sa collaboration avec No Money Kids, l’évolution de son écriture… et sur cette nouvelle ère où elle laisse enfin cohabiter douceur, rage et liberté.

Bonjour tout le monde, on se retrouve aujourd’hui avec Laura Cox. Comment vas-tu ?
Ça va très bien, merci.

On est là pour parler de ton nouvel album, Trouble Coming, qui sort le 31 octobre. Pourquoi avoir choisi un titre qui évoque une forme de malaise alors que les mélodies sont souvent douces, légères, presque libératrices ?
C’est vrai que c’est assez contradictoire avec la façon dont je me sens aujourd’hui, parce que je vais très bien, je ne suis pas du tout en dépression. Mais j’ai toujours été plus inspirée par des thèmes un peu tristes ou chaotiques plutôt que par les périodes où tout va bien – à ce moment-là, tu ne sais plus quoi dire.
Je trouvais que ça illustrait le chaos qu’on ressent à plein de niveaux en ce moment. J’avais envie de parler de santé mentale, notamment chez les artistes en tournée : la solitude malgré le monde autour de toi, la dépendance, la dépression… Ce sont des choses que j’ai pu lire, observer, ou même expérimenter. Chaque chanson représente un thème lié à ça. Et puis Trouble Coming, de manière plus globale, reflète aussi ce que je ressens sur le monde : politiquement, écologiquement… la Terre ne va pas super bien. Donc le “trouble” se retrouve un peu à toutes les échelles.

Ces thèmes sont très introspectifs. Est-ce que tu écris à partir de ton propre vécu ?
J’aime bien partir d’un point de départ très personnel, inspiré d’une situation que j’ai vécue, puis broder autour pour que ça puisse parler à plus de monde. J’essaie d’élargir le propos pour que chacun puisse s’identifier d’une manière ou d’une autre.

Tu as introduit cette nouvelle ère avec “No Need to Try Harder”, également premier titre de l’album. Pourquoi celui-ci ?
Musicalement, il est plus punchy. J’avais envie d’ouvrir l’album avec quelque chose qui donne la pêche et envie d’aller plus loin. Même si cet album explore des sonorités plus modernes que le précédent, cette chanson me semblait pouvoir plaire autant à ma fanbase qu’à un nouveau public. En termes de thème, c’est une chanson qui reflète vraiment mon mood quand j’ai écrit l’album : cette sensation où tout marche, où tout est fluide, où tu ne forces rien. C’est clairement l’une des chansons les plus joyeuses.

Tu transmets tes émotions par tes textes mais aussi par tes riffs. C’est plus facile pour toi par les mots ou par la guitare ?
J’aurais toujours répondu : la guitare. Avant, je composais systématiquement en commençant par l’instrumental. Mais pour ce nouvel album, j’ai davantage articulé la guitare autour de la chanson. Je pense différemment maintenant. À la base, je m’exprimais bien plus facilement avec la guitare, mais aujourd’hui j’ai l’impression d’arriver à faire un tout cohérent : voix, paroles, guitare. Avant, c’était un peu plus inégal.

Pour cet album, tu as collaboré avec No Money Kids. Comment cette collaboration est-elle née et qu’est-ce qu’elle t’a apporté ?
J’avais envie de tester autre chose et d’explorer des sonorités auxquelles je n’avais pas accès avec mon groupe de live. J’en ai parlé à ma manageuse, et je lui ai expliqué le type de sonorités que j’imaginais. J’écoute beaucoup la radio, notamment OUI.fm, où j’entendais souvent No Money Kids. Ce que j’ai aimé, c’est que si tu ne le sais pas, tu ne devinerais pas qu’ils sont français : ils sonnent très anglo-saxons, avec l’atmosphère que je recherchais. Je me suis dit : pourquoi ne pas entrer en contact avec eux ? Voir si humainement ça match, puis leur proposer la production. Ils ont été emballés et on a commencé à bosser : je composais guitare + voix, je leur apportais une maquette, et eux travaillaient l’arrangement et la production.

Heureusement que l’harmonie a été bonne en studio ! Y a-t-il un featuring dont tu rêves ?
Avec les années, je n’idolâtre plus vraiment les artistes comme avant. J’ai surtout envie de partager avec des artistes de ma génération, ceux qui donnent un nouveau souffle au rock. Des groupes comme Larkin Poe, Rival Sons, Halestorm… Ce serait un vrai kiff. Et je me dis que ça arrivera peut-être dans le futur.

Tu balances entre des riffs soft rock qui définissent ton identité et des mélodies plus douces sur cet album. Comment as-tu trouvé cet équilibre ?
Honnêtement, je n’ai pas réfléchi à l’équilibre. J’ai juste composé, posé mes idées, sans me prendre la tête avec les étiquettes. Oui, certaines chansons sont très différentes de ce que je faisais avant. Mais je me suis dit : c’est sorti de ma tête, donc je l’enregistre. Et je savais que la production de No Money Kids apporterait une cohérence globale, une couleur qui lisse l’ensemble, même si les compos sont éloignées les unes des autres.

Quel message veux-tu que les gens retiennent de cet album ?
Je n’ai pas envie d’enseigner une leçon, juste que les gens se disent : “Cet album nous appartient aussi.” Qu’ils s’y reconnaissent, même dans quelques chansons. Si j’ai réussi ça, je suis contente.

Y a-t-il des figures féminines qui t’inspirent ?
Pas spécifiquement pour cet album, mais globalement dans ma vie de musicienne : Lizzy Hale (Halestorm), que j’admire énormément pour sa voix et sa façon de gérer son groupe ; Larkin Poe ; la chanteuse de Blues Pills, une vraie frontwoman. Ça fait plaisir de voir de plus en plus de femmes dans ces rôles-là.

Si ton album était la BO d’un film, ce serait quel genre ?
Je ne m’étais jamais posé la question ! Je dirais peut-être un Tarantino, car on m’a déjà parlé de vibes un peu western étrange, notamment sur Trouble Coming. J’ai aussi été très fan des films de Rob Zombie. Il y a souvent des super BO, avec du Lynyrd Skynyrd et plein de morceaux rock. Je ne sais pas si mes chansons collent à des films d’horreur… même si l’album sort le 31 octobre !

Peut-on s’attendre à des dates pour défendre l’album ?
Oui ! Normalement dans les semaines à venir (peut-être même cette semaine), je vais dévoiler les premières dates. On repart trois semaines en Allemagne – on y va chaque année et le public est super fidèle. Il y aura aussi des dates en France, une belle date parisienne, et sûrement d’autres belles choses l’été prochain.

Un dernier message pour celles et ceux qui t’écoutent ?
Continuez à écouter du rock et à venir soutenir les artistes en concert. C’est ça qui nous fait vivre. Enregistrer un album, c’est une chose ; aller le partager avec vous, échanger, savoir comment vous l’avez ressenti… c’est le plus important. Continuez à sortir, venez faire la fête avec nous !

Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps.
Merci à vous.

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