Vingt ans de rock, d’humour et de rencontres, ça se fête ! À l’occasion du Motocultor Festival 2026, nous avons retrouvé Les 3 Fromages pour évoquer deux décennies d’une aventure musicale pas tout à fait comme les autres. Entre souvenirs de parcours, évolution du groupe, fidélité d’un public devenu bien plus qu’une communauté de fans et préparation d’un Olympia exceptionnel le 7 novembre prochain, les quatre musiciens reviennent sur ce qui les anime depuis toutes ces années. Toujours avec cette bonne humeur communicative qui fait leur signature, ils nous parlent d’un parcours construit au fil des rencontres, sans jamais perdre de vue l’essentiel : prendre du plaisir, rester sincères et partager de bons moments avec leur public.
Bonjour tout le monde ! On se retrouve aujourd'hui avec Les 3 Fromages !
Les 3 Fromages — Bonjour, bonjour !
On est ici pour la troisième journée du Motocultor 2026. Vous jouez tout à l'heure. Comment vous vous sentez ?
Thibault — Moi, très excité ! J'ai hâte. Ça va être un très beau concert.
Willy — Oui, parce que jouer à 19 h sous chapiteau, c'est pas mal ! Il n'y fait pas très chaud, c'est parfait. On va être bien. On a mis la clim !
Thibault — Il y a plein de monde. Je pense qu'on va beaucoup rigoler.
Willy — Oui, je crois qu'on est bien attendus. Donc, c'est super !
Et comment imaginez-vous le public, tout à l'heure ?
Willy — Je pense qu'il va être très énervé, moi ! Je pense qu'il va vouloir pogoter, chanter, danser.
Thibault — Ça a commencé avant 13 h. Donc, à 19 h, à mon avis, les gens seront vraiment bien dedans. Nous, on n'est pas les gros métalleux, c'est sûr. Mais on arrive avec un truc très décalé, très axé sur l'humour. Je pense qu'on devrait vraiment rigoler tous ensemble.
Pour avoir fait les deux derniers jours, je pense que vous êtes sur la bonne scène.
Willy — Ah ouais ? Pourquoi ? La prog est peut-être un peu moins death metal ?
C'est le feeling ! Il y a plus d'humour, c'est plus détente. Disons que l'ambiance est plus conviviale, là-bas.
On est en 2026, et vous fêtez donc vos 20 ans. Il y a même eu l'arrivée d'un quatrième Fromage au cours de ces vingt années. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre carrière ?
Willy — Quel regard ? C'est dur à dire parce que, pour moi, on est toujours en évolution. Dans ma tête, en tout cas, je suis l'un des fondateurs du groupe et je ne me vois pas vieillir.
Donc, pour moi, faire une interview, c'est comme si je la faisais il y a vingt ans. Et j'espère que ce sera toujours pareil dans vingt ans. Mais ouais, c'est difficile d'avoir du recul.
Et vous ?
Thibault — Je pense qu'en vingt ans, c'est un peu comme pour n'importe quel groupe qui a la chance de perdurer aussi longtemps. Ce n'est pas le cas de tout le monde. Donc, c'est beaucoup de travail et un petit peu de chance, quoi.
C'est souvent ce qu'on dit : l'attention portée aux détails aussi. Il paraît que c'est important ! Mais ouais, beaucoup de boulot, évidemment, pour passer du petit groupe local à un groupe national qui a même réussi à s'exporter au Québec, en Thaïlande, en Allemagne et en Hongrie.
C'est quand même génial, et c'est effectivement une évolution constante, parce qu'on sait très bien qu'on n'est pas arrivés au bout de ce qu'on veut faire et qu'on n'est pas du genre à se reposer sur nos acquis.
Si un album est bon, même s'il est très bon, ça veut dire que le suivant doit être meilleur, quoi. Ça ne veut pas dire qu'on y arrive à chaque fois, mais la volonté, en tout cas, est là. Et je pense que c'est justement ce genre de volonté qui fait qu'on perdure et qu'on est toujours là, vingt ans plus tard, à préparer notre deuxième Olympia, je le dis en passant !
(Rires)
Willy — Voilà, bien joué ! Bravo !
Kévin — Alors moi, je suis le petit dernier arrivé. Ça fait huit ans que je tourne avec le groupe, donc j'ai un peu moins de recul, mais je commence quand même à sentir les années passer.
Willy — C'est vrai, Kévin fait carrément partie d'un pneu du camion, maintenant, quoi !
Kévin — Oui, je suis un pneu de camion depuis l'année dernière.
Willy — Et t'es pas la roue de secours, mon frère !
Kévin — Ah, ça, c'est gentil !
Willy — Éric vient d'arriver ! Éric est arrivé avec une réponse. Alors, à ton avis, Éric, quelle était la question ?
Éric — Si c'était une roue de secours, elle est où ? Dans le coffre !
Willy — Eh, bien joué ! Dix points pour Gryffondor !
Thibault — La question, Éric, c'était : quel recul as-tu sur les vingt ans d'existence des 3 Fromages ?
Willy — Ne fais pas le bip du camion, s'il te plaît. Ça a déjà été fait. Je déconne !
(Rires)
Éric — Avec le recul, on se rend compte qu'on a croisé énormément d'artistes sur la route depuis vingt ans et que, finalement, très peu sont encore là aujourd'hui.
On rencontre donc toujours de nouvelles personnes, et c'est super. On se dit que, mine de rien, le plus dur dans un groupe de musique, ce n'est pas de passer à la télé, d'être connu ou tout ça.
C'est plutôt de rester ensemble au bout de vingt ans, et surtout de garder la même envie, la même énergie, de continuer à vouloir faire des choses et à créer. C'est aussi de faire en sorte qu'il n'y ait pas une histoire d'argent derrière tout ça, mais plutôt de la sincérité et de l'authenticité.
C'est ce regard-là que je porte aujourd'hui. Il y a dix ou quinze ans, je n'aurais jamais imaginé les choses comme ça. Et je trouve ça cool, et même plutôt beau, en fait.
Willy — Eh bien, bravo, Éric ! Tu as bien fait d'arriver. Parce que ce que Thibault a dit… Pfff !
(Rires)
Alors, selon vous, quel a été le grand moment de votre carrière, personnellement ?
Willy — Moi, je pense que l'arrivée de Thibault a… Oui ! Parce que c'était une période où il ne faisait pas beau. Ce n'était pas fun. Et lui, il arrivait avec un peu de soleil !
Éric — Il allumait la lumière !
Willy — Non, il allumait la lumière et il s'est barré ! C'est à ce moment-là qu'on s'est dit : “Tiens, on va peut-être faire évoluer le groupe !“ Non, mais c'était il y a quinze ans, maintenant. Enfin, je ne sais plus… Quinze ans. Et après, hop, deuxième amélioration : Kévin qui arrive. Voilà, c'est bon, on passe à l'étape supérieure !
Thibault — Mais quand même, les gars, j'ai l'impression qu'au fil de toutes ces évolutions dans le groupe, il y a aussi eu des étapes importantes, des singles, des moments forts, que ce soit autour de M6, d'Energy ou d'autres choses. Ou certains morceaux, certaines reprises qui cartonnent.
Willy — Mais ça rejoint ce que disait Éric : on a eu la chance de participer à un tremplin pour M6, il y a des années. Il fallait faire des vidéos et plein d'autres choses pour arriver dans le top 10, je crois. Mais comme Éric le disait tout à l'heure, parmi ces dix groupes, les seuls qui sont encore là, c'est nous. Tous les autres groupes ont splitté.
Thibault — Oui, c'est assez fou. Mais nos grands moments, c'est plutôt ça, finalement. C'est surtout cette évolution. Le groupe est constamment en pleine évolution. Et ça, c'est cool ! On n'est pas un groupe qui stagne et qui se dit : “Oh putain, maintenant, on est obligés de ne faire que ça.”
Willy — On a aussi la chance d'avoir une base de fans. On ne le dit pas assez souvent, mais il y a des groupes qui finissent par s'arrêter parce qu'ils n'ont pas de public, qu'ils ne vendent rien et que personne ne veut les programmer en concert.
Nous, on a vraiment de la chance, et c'est vraiment cool de pouvoir compter sur des gens qui viennent à nos concerts. Donc ça, c'est cool !
Votre deuxième Olympia approche, cette fois pour célébrer vos vingt ans. À quoi peut-on s'attendre pour cette date ?
Thibault — Déjà, elle aura lieu le 7 novembre 2026 ! Un samedi. C'est quand même un jour très pratique. Venez, c'est un cadeau formidable à offrir pour la Toussaint !
Éric — Et à vous-même !
Willy — En fait, ça veut tout dire : vingt ans des 3 Fromages à l'Olympia, forcément, il y aura plein de surprises. On ne va rien dévoiler ce soir au micro, mais on peut déjà dire que… (bruits inaudibles)
Éric — On prépare un spectacle qui sera unique, en tout cas, et qui n'aura rien à voir avec la tournée qu'on fait actuellement. On veut vraiment mettre le paquet et faire en sorte que ce spectacle ait du sens par rapport à ces vingt années écoulées. On est très contents, on a hâte, mais il y a encore du travail !
Et je voudrais juste ajouter que si vous devez choisir un moment pour venir voir les 3 Fromages, ou décider si vous voulez venir nous voir ou non, l'Olympia est vraiment une salle où il se passe quelque chose de magique.
Pour y avoir joué une fois, il faut imaginer tous ces gens qui viennent voir un artiste, quel que soit le concert auquel tu assistes à l'Olympia. La salle est vraiment belle et bien conçue. Peu importe où tu te trouves, comme elle est un peu en pente, tu vois bien la scène et tout le reste.
Et, en réalité, il s'y passe vraiment quelque chose de magique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. C'est pour ça qu'on a choisi d'y célébrer nos vingt ans : pour créer cette magie avec le public. Donc, venez passer un bon moment avec nous ! Normalement, ça devrait être le cas ! En tout cas, nous, on est ravis de pouvoir vous proposer ça.
Parce que finalement, quand on fait un Olympia, ce n'est pas la salle qui nous programme : c'est quelque chose qu'on organise nous-mêmes. Et comme on est en autoproduction, on est totalement indépendants. Cela représente beaucoup d'argent et de moyens à mettre en œuvre pour organiser cette grande fête.
Il ne faut donc pas croire que faire un Olympia va nous rapporter des mille et des cents. C'est vraiment pour marquer le coup. On se fait plaisir, on organise quelque chose là-bas, et ça va être magique !
Tu parlais de la communauté des fans. Est-ce que vous avez un message à leur adresser ?
Willy — Big up, mon frère ! Trop cool ! (rires) Un message ? Merci, depuis toutes ces années, tout simplement.
Thibault — C’est ça, il y a énormément de soutien depuis 20 ans. On a des gens qui viennent nous voir depuis 20 ans, qui sont toujours là. On en a croisé tout à l’heure, même ici, au Motocultor !
Willy — Ce ne sont même plus des fans, ce sont devenus des amis.
Thibault — Il y en a qui sont devenus des amis, oui. On a une street team qui se bouge : on leur envoie des flyers et des affiches, et ils vont faire notre promo sur les grands événements qu’on organise partout en France. On trouve des gens qui sont là juste pour nous faire plaisir.
C’est exceptionnel d’avoir des gens comme ça, qui ne te lâchent pas, qui te soutiennent et t’aident depuis aussi longtemps. C’est génial.
Éric — Je pense qu’ils ont aussi compris qu’un groupe comme nous ne serait pas autant médiatisé que d’autres. Je ne sais pas si on mérite d’être davantage médiatisés ou pas, mais ces gens-là, qui nous aiment bien, aimeraient nous voir plus souvent, un peu partout.
Ils sont parfois un peu dégoûtés de voir certains artistes ou certains groupes briller bien plus que nous, en tout cas de leur point de vue. Du coup, ils sont là pour nous aider. Ils sont même plus impliqués que nous dans la promotion, à parler du projet et à faire du bouche-à-oreille.
On leur doit une reconnaissance éternelle. D’ailleurs, régulièrement, on leur envoie des choses via une liste de diffusion spécialement dédiée aux fans : des cadeaux, des objets promotionnels, des contenus en avant-première, etc. Quand on peut les remercier, on le fait. Voilà !

