À l’occasion de la sortie de leur nouvel album Seeds Of Perseverance, Monolyth nous a accordé un long moment d’échange, à l’image de ce disque : sincère, intense et profondément humain. Entre réflexion sur la persévérance, évolution du line-up, processus de création collectif et construction très cinématographique de l’album, le groupe revient avec beaucoup de transparence sur près de vingt ans d’existence. Une discussion touchante autour d’un album pensé comme un véritable parcours émotionnel, de l’ombre vers la lumière.
Bonjour tout le monde, on est aujourd’hui avec Julien et Larry du groupe Monolyth ! Comment se passe votre journée promo ?
Larry - Ça va. C'est marrant parce que c'est une journée qui a du sens pour nous. Comme je l’expliquais juste avant, pour beaucoup d'entre nous, c'est la première fois qu'on touche le CD. Donc là, il y a un truc… ça y est, le bébé est là. Donc ouais, ça ne peut que bien se passer.
Julien – Oui, je les avais gardés chez moi et personne ne pouvait les voir.
On est ici pour parler de votre album Seeds Of Perseverance, qui sort aujourd’hui même ! Si vous deviez le décrire en un mot ?
Julien – C’est la question un peu piège, parce que la première réponse qui nous vient, c’est persévérance. Persévérance, parce que ça a été une des thématiques principales qui a guidé l'élaboration de l'album, au niveau des textes déjà, et puis c’est ce qui nous guide et nous anime. C’est ce qui fait qu’on est encore là, que Monolyth est encore là presque 20 ans après sa création. Même si on n’a sorti que trois albums, le groupe existe depuis longtemps, et c’est vraiment cette abnégation, cette passion qu’on met dans la musique qui fait qu’on est toujours là.
Larry - Il y a un côté méta avec ce mot : on parle autant de notre expérience, des textes, que de ce qu’on veut transmettre avec la musique. C’est une invitation aux auditeurs à persévérer dans leur vie, à tenir bon à leurs rêves, à qui ils sont, à leurs racines. Ne pas se trahir, tenir bon et savoir qu’au bout du chemin, il y a une lumière, une réussite, une victoire. Et de l’autre côté, ça renvoie forcément à nous-mêmes, à ce qu’on a fait pour cet album et depuis le début du groupe. Donc oui, persévérance… on aimerait avoir un mot plus surprenant, mais non : c’est vraiment le mot qui résume l’album.
Le groupe a connu beaucoup de changements de line-up. Comment ça a influencé votre dynamique et votre manière de créer ? Et comment vous fonctionnez aujourd’hui ?
Julien – On a connu beaucoup de changements, oui, et ça fait écho à la persévérance : on n’a connu que ça. Mais là, on a atteint une forme où tout fonctionne. On a brisé des barrières en termes de compréhension et de communication entre nous, et ça a été ultra bénéfique à la composition de cet album.
Larry - Ça a été un effort particulier : on a passé des semaines, peut-être même des mois à discuter. On s’est rendu compte qu’on avait une vraie richesse de points de vue, de sensibilités différentes. Tel riff inspire une chose à l’un, l’inverse à l’autre. Comment faire cohabiter deux visions opposées quand on est cinq, et qu’il y en a toujours un qui part dans un autre sens ? On avait deux choix : soit on baissait les armes, soit on travaillait notre communication, notre compréhension, nos connexions. On a choisi de persévérer. Et ça nous a permis d’atteindre un nouveau stade d’écoute et de compréhension mutuelle.
C’est même un des thèmes de départ de l’album : on a tout posé sur la table, on s’est réunis, et ensemble, on a pris cette direction. C’est vraiment un album d’équipe. Et pour la première fois, on travaille autant tous ensemble. On s’écoute, chacun a son rôle, ses spécialités. Cet album, c’est le premier où, tout en cherchant l’exigence et la cohérence, on a intégré tout le monde. Il n’y a pas eu le côté “anciens d’abord” ou “nouveaux d’abord” : juste du respect commun et un vrai travail collectif.
Julien – Oui, historiquement, la composition reposait sur Amaury et moi. Là, c’est la première fois que la porte est vraiment ouverte à d’autres idées. Et ça se ressent dans la richesse de l’album. On a aussi été portés par nos vécus personnels : burn-out, ruptures, moments difficiles… On s’est retrouvés dans nos malheurs, et c’est ça qui nous a élevés.
Larry - La différence, c’est aussi la confiance. Les anciens du groupe ont compris que les nouveaux n’arrivaient pas en conquérants, mais avec respect. Et inversement. C’est ce qui a permis qu’on trouve un vrai équilibre.
L’album compte 15 titres, et commence avec une intro instrumentale d’1m30, The Harvest, qui enchaîne avec Regenesis. Pourquoi ce choix ?
Julien – Il n’y avait pas de volonté de séparer l’album en plusieurs parties. Sur l’album de 2018, on avait fait une charnière malgré nous, donc on ne voulait pas répéter ça. The Harvest, c’est une intro, oui, mais c’est aussi un morceau à part entière. Et il fait partie de Regenesis. Regenesis tape dur, et on ne se voyait pas ouvrir l’album avec quelque chose d’aussi frontal. On avait besoin de monter la sauce, d’asseoir l’utilisation des orchestrations qu’on avait commencé à introduire en 2018. Larry a fait un énorme travail dessus : chœurs, cuivres, ambiance épique. On voulait une ouverture comme un générique de film.
Larry - Et c’est pareil pour Into Oblivion, qui a aussi une intro plus calme. Le morceau est très intense, mais il avait besoin d’être introduit par quelque chose qui parle de fragilité, de sensibilité.
Julien - Pour la fin de l’album, là oui, c’est un vrai morceau en deux parties : Searching For The Unexpected Flame. On voulait rejouer avec le côté guitare acoustique / voix, un truc intimiste, avant l’explosion derrière.
Larry - Je rajoute un truc : même si les intros ne servent pas à découper l’album, l’album a été construit comme une progression. On entre, on descend dans quelque chose de plus sombre, plus complexe, plus torturé… puis on remonte vers la lumière. C’est un album qui parle de victoire après l’épreuve. C’est pour ça qu’il se termine par Persévérance.
Vous avez lancé cette nouvelle ère avec “Better Off Someone Else”, sorti en mai dernier. Pourquoi ce titre pour ouvrir le cycle de l’album ?
Julien – Le choix a été assez évident. À la base, on ne savait pas ce qu’on allait en faire. On savait qu’il serait sur l’album, mais pas s’il serait un single. Le morceau est venu comme ça. Mais quand on a entendu la première démo, le refrain… on s’est dit : c’est le single. Peu importe ce qu’on écrira après, celui-là sera le premier. Il a un côté presque pop, mais sans se prostituer ni se travestir. On n’a pas cherché à écrire un tube pour passer sur OÜIFM. Mais il avait un potentiel tubesque qui nous a séduits immédiatement. C’est pour ça qu’on a choisi d’en faire le premier clip et d’y mettre autant d’énergie.
Larry - On a travaillé avec Canaprod, mais c’est moi qui ai écrit le script. On a réfléchi ensemble aux danseuses, à la thèse principale, aux effets comme le verre brisé avec le sable… encore un travail maison. On voulait marquer le coup, proposer quelque chose d’accessible, riche, qualitatif, et qui nous ressemble.
Avez-vous quelque chose à ajouter sur cet album ?
Larry - Déjà, on espère que l’album plaira autant que tout ce qu’on a mis dedans. C’est un album extrêmement personnel, intime, fraternel, sensible, presque fragile. Et il y a aussi beaucoup d’envie tournée vers les autres. On veut que le public se sente soutenu, aimé, invité à être heureux, à vivre à fond, et… à venir faire la fête avec nous, évidemment.
Julien – Amaury met beaucoup de lui dans ses textes, mais toujours en les tournant pour que chacun puisse s’y retrouver. On espère que les messages toucheront les gens autant qu’ils nous ont touchés. Et maintenant… il n’y a plus qu’à reprendre la route pour le défendre sur scène. Et partager des moments comme celui-ci, avec des gens qui auront capté le message.
Merci beaucoup pour votre temps !
Julien & Larry – Merci beaucoup !





