Après dix ans à distiller ses morceaux au compte-gouttes, Shady Fat Kats s’apprête à franchir une nouvelle étape avec un premier album attendu en 2027. Rencontrés au Motocultor Festival 2026, Baptiste et Clément reviennent sur la recette du groupe : des influences qui se mélangent instinctivement, une bonne dose de perfectionnisme et un processus créatif singulier. Ils évoquent également l’accueil du public lors de leur ouverture de la troisième journée du festival et annoncent l’arrivée d’un nouveau single.
Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui, on se retrouve avec Baptiste et Clément de Shady Fat Kats. Comment allez-vous ?
Baptiste — Eh bien, ça va super ! On est en pleine forme, on sort quasiment de scène. Et c’était trop bien !
Vous avez ouvert cette troisième journée au Motocultor 2026. Comment avez-vous ressenti le public ? Comment avez-vous vécu cette expérience ?
Baptiste — Eh bien, en fait, au début, on pensait jouer pour le pique-nique, devant personne. Et ça s’est transformé en joyeux bordel, on peut le dire ! Du coup, c’était vraiment très, très appréciable pour nous, en tout cas, pour une ouverture de festival.
Clément — C’est ça, ouvrir un festival, ce n’est jamais facile. Et quand on a vu, avant même de jouer, qu’il commençait déjà à y avoir pas mal de monde, puis que la foule grossissait au fil des morceaux, que ça commençait à bouger et à former des circle pits… Là, on s’est dit qu’on était partis pour un bon set et un bon moment !
Alors, pour vous, sur quelle chanson le public a-t-il été le plus chaud ?
Baptiste — Petit à petit, j’ai l’impression que c’est monté. C’est allé crescendo ! Quand on a commencé à jouer Out of Control, qui est un peu plus métal, forcément, là, c’était parti en circle pit.
Et les gens avaient vraiment l’air de connaître la chanson ! Et c’est vrai que sur la dernière du set, Killing You, c’était pareil : les gens chantaient. C’est surprenant de voir autant de gens chanter nos chansons. C’est vraiment surprenant !
Clément — Et tu vois, même sur les morceaux entre les deux, notamment Lazy, il y avait tous ces petits bras en l’air ! Voir autant de métalleux, qui n’ont peut-être pas l’habitude de faire ça, se laisser aller comme ça, c’était génial. Non, c’était excellent !
Baptiste — Ouais, ils étaient beaux à voir, franchement. C’était kiffant !
Out of Control est votre dernière sortie. Vous avez sorti plusieurs singles, mais pour l’instant, un seul EP et pas encore d’album. Est-ce qu’il y a une raison particulière à cela ? Est-ce aussi une façon de suivre les tendances et la manière dont les gens consomment la musique aujourd’hui ?
Baptiste — Totalement ! Au début, on se disait aussi que, de toute façon, personne ne nous connaissait. Donc, on allait essayer de sortir nos morceaux au compte-gouttes. Tous les trimestres, ou tous les quatre ou cinq mois, on sortait un morceau. Comme ça, on était à peu près sûrs que les gens l’écouteraient. Alors que si on sortait un album avec dix ou douze morceaux, on se disait que personne ne l’écouterait, à part maman et peut-être mon cousin !
Donc, on est partis là-dessus. Et maintenant, au bout de dix ans, le groupe commence à avoir une petite fanbase, raisonnable, on va dire, en France et ailleurs. Alors, on s’est dit : ” Allez, on va sortir un album en 2027 ! Ce sera le premier.”
Et concernant le processus créatif, comment ça se passe ?
Baptiste — C’est vrai qu’on a un fonctionnement un peu particulier, dans le sens où c’est une personne qui ne joue pas avec nous sur scène qui compose les morceaux avec moi, au départ. On travaille tous les deux ensemble depuis dix ans maintenant. En plus, il est à l’autre bout du monde : en ce moment, il est au Vietnam !
Du coup, on fait beaucoup de visio. On est chacun devant notre ordinateur, on développe nos idées de notre côté et on construit ce qu’on pourrait appeler le tronc commun de la chanson. Ensuite, Clément vient ajouter sa touche avec ses parties de batterie, etc.
Clément — C’est ça. En gros, ils préparent une bonne base : on a les fondations. Ensuite, je reçois une version sans batterie et ils me disent : “Qu’est-ce que tu as envie de faire là-dessus ?”
Je m’amuse, je me défoule… Après, on ajuste un peu les choses. Et puis, au bout d’un moment, grâce aux échanges entre chacun d’entre nous, on arrive à obtenir un petit cocktail qui correspond à ce qu’on est aujourd’hui. C’est ce qui rend nos morceaux, au final, assez uniques.
Tu disais qu’Out of Control était un peu plus métal que le reste de vos morceaux. Vous explorez différentes ambiances. Comment ça se passe ? Quel est votre point de départ quand vous créez une chanson ? Est-ce plutôt instinctif ou est-ce que vous faites des choix précis dès le début ?
Baptiste — C’est vrai que c’est assez instinctif. On est quand même pas mal métalleux, même si on aime aussi différents styles de musique, comme la pop-punk, etc. Du coup, toutes ces influences se mélangent naturellement.
Par exemple, pour Out of Control, je savais que je voulais intégrer des chants saturés avant même d’écrire le morceau, tout simplement parce que j’aime ça. Et puis, c’est aussi un certain défi vocalement. Ça permet d’explorer de nouvelles sonorités, de nouveaux placements de voix, etc. C’est bien aussi de se lancer des petits défis comme ça.
Mais c’est vrai que tout ça se fait naturellement. Je ne te cache pas qu’on a toujours quinze ou vingt versions d’un même morceau. On prend notre temps. On peaufine vraiment chaque détail à chaque fois.
Et qui est le plus perfectionniste ?
Clément — Je pense qu’il est à ma droite. Je pense que c’est Bapt ! Mais je pense que tu as là les deux plus perfectionnistes. On aime bien chipoter. Moi, je suis un petit peu en dessous, quand même. (montrant Baptiste) Là, ici, tu as le maestro du perfectionnisme !
Votre album se prépare, alors peut-on s’attendre à un nouveau single très prochainement ?
Baptiste — C’est prêt ! Ça sort dès la fin de l’été.
On a hâte !
Est-ce que vous avez un message pour les personnes qui vous écoutent ?
Baptiste — Merci beaucoup et continuez ! Continuez, voilà. Et parlez de nous à vos amis, à votre maman, à votre papa, à tout le monde !
Clément — Ce serait un plaisir de découvrir la France. Et même au-delà, pourquoi pas ? Avec grand plaisir !
Merci à vous !
Shady Fat Kats — Merci à toi !

