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Interview : Eden

WHO ON EARTH

WHO ON EARTH

Mai 2026

Who On Earth : transformer la colère en lien humain avec “It Takes The Village”

Avec It Takes The Village, Who On Earth livre un album aussi massif qu’humain. Entre metal moderne, influences cinématographiques, refrains fédérateurs et messages tournés vers l’unité, le groupe américain construit un disque profondément émotionnel, pensé comme un véritable voyage.


À l’occasion de la sortie de ce second album, nous avons échangé avec Pete et Coosh autour de l’identité du groupe, de leur indépendance artistique, de l’importance du lien humain dans leur musique, mais aussi de cette volonté de créer des morceaux capables de rassembler autant que de frapper fort.

Bonjour à tous, on est aujourd’hui avec Pete et Coosh de Who On Earth. Comment allez-vous ?
Pete & Coosh — Très bien ! Et toi ?


Ça va super, merci.
Aujourd’hui, on est là pour parler de votre nouvel album
It Takes the Village, qui sortira le 8 mai. Déjà, pouvez-vous nous parler du titre ? Pourquoi It Takes the Village ?
Coosh — Pete adore raconter cette histoire.

Pete — Oh oui. On aime beaucoup les doubles sens, on aime être un peu malins avec les titres. Et celui-ci fait partie de nos préférés. Habituellement, les gens connaissent l’expression “It takes a village”, comme quand on dit “il faut tout un village pour élever un enfant” ou accomplir quelque chose d’important. Mais nous, on a choisi It Takes the Village parce qu’il y a deux significations derrière.

La première est liée aux thèmes dont on parle souvent dans nos morceaux : la tromperie. Que ce soit la tromperie gouvernementale, corporative ou même personnelle. Avec cet album, on voulait que la pochette représente ces forces qui prennent peu à peu le contrôle de la majorité silencieuse partout dans le monde. Les élites, les personnes au pouvoir, celles qui possèdent l’argent et l’influence; au final, on est tous victimes, d’une manière ou d’une autre, de ce qu’il se passe autour de nous. Donc dans ce sens-là, ces forces “prennent le village” littéralement. Elles le détruisent, l’écrasent et prennent le dessus sur les gens ordinaires.

Mais le deuxième sens est beaucoup plus porteur d’espoir. It takes the village signifie aussi qu’il faut que nous nous unissions tous -peu importe la race, la religion, les opinions politiques ou toutes les divisions qu’on nous impose- pour regarder réellement ce qu’il se passe juste devant nous. Parce que les puissants veulent nous garder distraits. Ils veulent qu’on se batte entre nous. Ils veulent continuer à nous écraser.

Donc cet album est un peu notre cri de révolte, d’une certaine manière, mais sans être trop frontal ou agressif. Pas une rébellion violente ou quoi que ce soit comme ça, mais plutôt un appel à se rassembler et simplement dire : ça suffit.


Merci pour ça.
J’ai vu que l’album était auto-produit / sorti en indépendant. C’est bien ça ? Pouvez-vous nous en parler ?
Pete — Exactement. On est indépendants. Jusqu’à présent, aucun gros label n’est venu frapper à notre porte, donc on continue à tout faire nous-mêmes et honnêtement, on prend beaucoup de plaisir à le faire. Le fait d’être indépendants nous donne un contrôle total sur tous les aspects du groupe : l’identité visuelle, la musique, les artworks, les réseaux sociaux… absolument tout. Bien sûr, ça représente énormément de travail et on doit investir sur nous-mêmes, mais en échange, on garde une totale liberté créative.

Finalement, on est notre propre client. Il n’y a que nous, et c’est comme ça qu’on voit les choses. Et pour le moment, ça fonctionne. On construit progressivement notre communauté par nous-mêmes. Évidemment, à mesure qu’on cherche à se développer en Europe, en Amérique du Sud et à travers les États-Unis, ce serait génial d’avoir un jour le soutien d’un label ou d’une structure de management plus importante. Mais pour l’instant, on continue de travailler dur, et les choses arriveront quand elles devront arriver.

Coosh — Je pense qu’on aime vraiment la situation telle qu’elle est aujourd’hui. On aime être indépendants. On n’a pas envie de perdre notre liberté ou qu’on nous dise : “Vous devez aller là,” ou “Vous devez faire ça.” Être indépendants nous permet de faire nos propres choix et d’avancer à notre rythme.

Et honnêtement, Pete gère la majorité de tout ce travail en coulisses et met tout ça en place. Donc quand on voit tout ce qui a été accompli, c’est vraiment gratifiant de voir notre frontman réussir à construire tout ça sans dépendre de quelqu’un d’autre. C’est énorme.


Oui. Comment travaillez-vous en studio ? À quoi ressemble votre processus créatif ? Et comment faites-vous pour gérer toutes les idées de chacun ?
Coosh — En vrai, c’est assez simple. Pete compose toute la musique, et généralement, il a déjà une ambiance ou une direction précise en tête pour le morceau. La plupart du temps, il y a déjà un sujet ou un concept associé à la musique, et ensuite, on construit à partir de ça.

Pete — Une fois que la musique est terminée, on l’envoie à Coosh sous forme de démo bien construite. Ensuite, Coosh et moi nous asseyons ensemble pour écrire les paroles. On aime vraiment écrire des morceaux qui ont du sens, que ce soit à partir d’expériences personnelles ou autour de ce thème de la tromperie qui semble revenir dans presque tout ce qu’on fait. Mais ce n’est pas seulement parler de tromperie : c’est aussi l’idée de s’unir contre elle.

Jusqu’à présent, la majorité -voire la totalité- du processus créatif reposait surtout sur Coosh et moi, donc on n’a pas eu énormément “de chefs en cuisine”. Mais ça pourrait changer pour le prochain album, parce qu’aujourd’hui, le groupe existe depuis un certain temps et tout le monde a envie d’apporter davantage d’idées. Ce sera quelque chose de nouveau pour nous, et honnêtement, ça nous enthousiasme beaucoup. Plus il y a d’idées, mieux c’est. Mais jusqu’à maintenant, créativement parlant, ça a surtout été Coosh et moi qui avons porté le processus.


C’est votre deuxième album. On découvre encore différentes facettes du groupe, de votre musique, ainsi que de nouvelles sonorités. Comment est-ce que vous sentez que cet album représente le Who On Earth d’aujourd’hui ?
Coosh — Comme on le dit toujours : tout est une question de diversité.

Notre objectif, c’est simplement d’écrire de bons morceaux. On ne ressent pas le besoin que toutes les chansons sonnent exactement pareil, et ça vaut aussi pour les thèmes qu’on aborde. On veut que notre musique soit quelque chose auquel les gens puissent s’identifier émotionnellement, quelque chose qu’ils puissent réellement comprendre et ressentir.

Comme je le dis souvent, tu peux aimer une musique simplement parce qu’elle sonne bien, mais quand tu commences à t’y attacher émotionnellement, parce qu’elle reflète un chemin que toi aussi tu as peut-être traversé, alors la musique devient beaucoup plus forte et plus enrichissante.

Pete — Je pense aussi que cet album montre vraiment la confiance que Coosh a développée en tant que chanteur. Le premier album et l’EP étaient déjà excellents, mais aujourd’hui, le confort qu’on a acquis en studio se ressent vraiment dans la musique.

On n’arrivait pas toujours en studio avec quelque chose de totalement fixé, on laissait volontairement de la place à la spontanéité et à ce qui pouvait naître sur le moment. Et honnêtement, certaines des meilleures choses de l’album viennent justement de cette approche.

Il y a aussi eu une grosse évolution au niveau des guitares. On a maintenant deux guitaristes dans le groupe, ce qui nous a permis d’ajouter davantage d’harmonies et beaucoup de passages mélodiques vraiment travaillés sur l’album, ainsi que des idées de batterie plus fraîches.

Je pense que chaque membre du groupe a progressé individuellement, et collectivement, avec l’expérience et notre évolution en tant que compositeurs, tout ça s’est naturellement retrouvé dans cet album. Même notre producteur, Mike Orlando, expérimente constamment de nouvelles techniques de production et de nouveaux sons, en développant ses propres méthodes et outils. Et tout cela ressort vraiment sur ce disque.



J’allais justement parler de Mike Orlando, vous avez d’ailleurs déjà un peu répondu à ma question. J’ai vu qu’il avait déjà produit le premier album. A-t-il aussi travaillé sur le deuxième ? Comment est-ce que vous sentez qu’il a influencé le résultat final de l’album ?
Coosh — Il a eu une influence beaucoup plus importante sur cet album, surtout dans le sens où il nous a vraiment laissé davantage d’espace pour respirer créativement.

Quand on a fait le premier album, on était encore en train d’apprendre à composer ensemble et à trouver notre identité musicale à travers des morceaux originaux. Cette fois, l’idée était davantage de laisser les choses venir naturellement et de laisser la musique s’exprimer de manière plus organique.

Il nous a aussi aidés à développer certaines idées ou à étendre certaines parties quand c’était pertinent. Mais jamais d’une manière qui nous éloignait de notre identité artistique. Il a toujours respecté ce qu’il considérait comme authentique chez nous. Donc honnêtement, travailler avec lui a toujours été une super expérience.

Pete — Oui, et cette fois-ci, il y a surtout une chose qu’on a faite différemment par rapport au passé : on a impliqué Mike beaucoup plus tôt dans le processus. D’habitude, on arrivait avec les morceaux déjà terminés, puis il nous aidait à faire quelques ajustements ici et là. Mais cette fois, avant même de finaliser les chansons, on est allés le voir pour lui demander : “Qu’est-ce que tu penses de ça ? Et de ça ?”

On a passé plusieurs sessions simplement assis dans le studio à discuter des arrangements et des idées. Il nous disait parfois : “Vous pourriez essayer ça ici,” ou “Moi, je ferais un double refrain.” Ou encore : “Ça, ça ne sonne pas vraiment comme un refrain… cette partie devrait plutôt être le refrain.”

Et grâce à ça, on a restructuré et réarrangé plusieurs morceaux très tôt dans le processus. Honnêtement, ça a été une approche extrêmement utile et productive, quelque chose qu’on n’avait jamais vraiment fait auparavant.


Et j’ai vu qu’il apparaissait aussi sur l’un des bonus tracks, Vigilance Extended. Pourquoi avoir choisi de faire cette version avec lui et avec Jason Bittner ?
Pete — Très bonne question. En réalité, Mike est présent un peu partout sur cet album. Il joue sur Vigilance, mais aussi sur plusieurs autres morceaux. Il est sur Oh, Set Me Free, sur Monster!, et il joue également le solo sur Any Other Way.

En fait, Mike jouait déjà toutes les parties de guitare sur notre premier album, c’était entièrement lui. Donc sur ce disque, il n’est pas seulement producteur, mixeur, ingénieur du son et responsable du mastering : ses rythmiques et ses solos de guitare sont aussi disséminés un peu partout sur l’album.

Concernant Jason Bittner, c’était vraiment cool parce qu’à l’origine, j’avais demandé à Jason d’enregistrer la batterie pour cette version, pendant que Mike s’occupait des guitares. Mais ensuite, on s’est rendu compte qu’on voulait vraiment que Vigilance soit le premier single de l’album et je voulais que ce premier single mette en avant les véritables membres du groupe. Donc on a finalement décidé de sortir la version principale avec notre lineup actuel.

Mais la version avec Mike Orlando et Jason Bittner était beaucoup trop bonne pour rester de côté. En plus, elle était plus longue et avait une énergie différente, donc on s’est dit qu’elle ferait un excellent bonus track. Ces gars-là sont de véritables virtuoses de leurs instruments.

Coosh — Oui, clairement, ce sont des monstres.


Donc l’album contient douze morceaux et trois bonus tracks. Je vais essayer d’y aller petit à petit. Vous nous avez déjà expliqué pourquoi Vigilance avait été choisi comme premier single, mais pourquoi avoir aussi décidé d’ouvrir l’album avec ce morceau ?
Pete — Honnêtement, autant pour le premier single que pour l’ouverture de l’album, ça nous paraissait évident. C’est une manière tellement forte de commencer le disque. C’est presque ce cri de ralliement dont on parlait tout à l’heure. L’idée, c’est : “Restez vigilants.” Rassemblons-nous. Un pour tous, tous pour un. C’est nous contre la machine.

Et la manière dont le morceau démarre, avec immédiatement la voix de Coosh et cette énergie presque hymnique, ça t’attrape directement et ça t’embarque à travers les couplets jusqu’à un refrain vraiment puissant. On voulait que les gens entendent ce morceau et comprennent immédiatement : voilà comment on entre dans l’arène. Et ça nous semblait être la meilleure façon d’ouvrir l’album.


Ça sonne super bien, en effet.
Un peu plus loin dans l’album, il y a
Closer, qui dure seulement une minute environ, juste avant le morceau Too Close. Je me demandais si ces deux morceaux étaient pensés pour fonctionner ensemble et si Closer servait un peu d’interlude ou de séparation entre différentes parties de l’album.
Coosh — Oui, c’est exactement ça.

Closer était à l’origine pensé comme l’introduction du morceau principal. Mais avec la manière dont fonctionnent aujourd’hui les plateformes comme Spotify, tu ne peux pas vraiment sortir un single qui commence avec une minute trente d’ambiance avant que la chanson démarre réellement; les gens n’attendent plus aussi longtemps.

Mais on trouvait cette intro trop bonne pour ne pas l’utiliser quelque part, donc on voulait absolument qu’elle fasse partie de l’album pour que les gens puissent vraiment l’apprécier. Et c’est aussi ce qu’on a fait avec Ascension et Unbeaten. Ascension sert également d’introduction au morceau suivant. Donc oui, on tenait vraiment à garder ces passages dans l’expérience globale de l’album.

Pete — C’est quelque chose que beaucoup de groupes ont toujours fait. Même Iron Maiden avec The Ides of March qui enchaînent avec une autre chanson. Ces petits passages musicaux sont pensés pour se fondre parfaitement dans le morceau principal. Mais aujourd’hui, on vit dans une société très “attention deficit”, où les gens pensent immédiatement : “Bon, allez, va droit au but.”

Ce n’est pas du tout comme ça qu’on a grandi. Nous, on pouvait écouter sans problème des morceaux de six, sept ou huit minutes. Donc c’était un peu notre manière de trouver un compromis avec la façon moderne de consommer la musique : garder ces moments atmosphériques sur l’album tout en s’adaptant aux habitudes actuelles. Parce qu’honnêtement, on adorait ces intros et on voulait qu’elles restent partie intégrante du disque.

Coosh — Ils essaient déjà de faire disparaître les solos de guitare. Peut-être que bientôt ils voudront aussi supprimer les couplets et ne garder que les refrains.
(rires)

Pete — Et honnêtement, ton interprétation tout à l’heure était totalement juste. On l’a aussi placé à cet endroit de l’album pour créer une sorte de respiration, une petite pause dans l’intensité du disque. Donc oui, il y avait vraiment une réflexion derrière tout ça.


Et vous parliez justement de Ascension. Je vais revenir sur Unbeaten juste après, mais Ascension possède vraiment une dimension très cinématographique. Il y a une vraie ambiance de film. Selon vous, à quel point l’aspect visuel, voire cinématographique est-il important aujourd’hui pour un groupe ou un album ?
Pete — Déjà, ce morceau a en réalité été composé par Michael Romeo de Symphony X. C’est lui qui a créé cette introduction pour nous. À la base, Unbeaten existait déjà en version studio sur le premier album, mais cette fois, on voulait vraiment en faire une version plus acoustique. Donc on a demandé à Mike Romeo de composer cette introduction.

Et honnêtement, on lui a simplement dit : “Fais ce que tu ressens.” Quand il nous a envoyé le morceau, on s’est regardés avec Pete en mode : “Oh mon Dieu… on est en train de regarder Star Wars ou quoi ?” C’était immédiatement très cinématographique, exactement comme tu l’as dit. On avait l’impression d’être dans une salle de cinéma avec un seau de popcorn devant un film épique.

La manière dont il a pris notre musique pour la transformer en quelque chose comme ça… ce gars est juste brillant. Et honnêtement, ça fait partie de ce qu’on voulait faire avec cet album : offrir aux auditeurs un peu de tout. Différentes ambiances, différentes émotions.

Tu retrouves toujours l’âme et le cœur de Who On Earth dans tout l’album, mais tu as aussi des éléments électroniques, des versions étendues, des passages acoustiques, des intros cinématographiques, des morceaux plus lourds… toutes ces différentes facettes. On voulait que les gens écoutent le disque et se disent : “Mais c’est quoi ce groupe ?” tellement il y a plusieurs dimensions différentes. Et honnêtement, c’était exactement le but recherché.


Montrer les différentes facettes du groupe et tout ce que vous êtes capables de faire, c’est très important aujourd’hui, je pense.
Coosh — Exactement. Avec Ascension, on avait essentiellement dit à Mike Romeo qu’on voulait que ça ressemble au début d’une aventure menant au morceau suivant. Et je me souviens que Pete m’avait dit : “Mais comment tu critiques un truc pareil ?” On ne saurait même pas par où commencer.

Quand quelqu’un te livre une pièce musicale comme ça -et qu’en plus tu l’adores immédiatement dès la première écoute- qu’est-ce que tu veux dire ? “Tu peux modifier ça ?” Il n’y avait absolument rien à changer. Comme le disait Pete, on avait l’impression d’un mélange entre Star Wars et Le Seigneur des Anneaux. Tu voulais une aventure ? Elle était là.

Honnêtement, on a énormément de chance d’avoir vécu ce genre de moments en studio. On a eu beaucoup de situations où les choses se sont mises en place de manière extrêmement naturelle et positive. Quelqu’un nous a récemment demandé si on avait rencontré de grosses difficultés pendant l’enregistrement de l’album, et honnêtement… pas vraiment. Pour nous, ça a surtout été une succession de bonnes énergies et de grands moments créatifs. Ça a été génial.


C’est vraiment super à entendre. Et juste après Ascension, on retrouve The Unbeaten, qui -si j’ai bien entendu- contient une deuxième voix non créditée, une autre chanteuse. Je me demandais donc qui elle était ?
Pete — Oui, exactement. Elle s’appelle Jillian. À l’époque, elle s’appelait Jillian Weiss Lieder, je crois qu’elle s’est mariée depuis. Je l’ai rencontrée par l’intermédiaire d’un ami. Elle était assez jeune à ce moment-là et elle était tout simplement incroyable.

Elle a accepté de participer au morceau, donc on lui a payé un Uber depuis New York jusqu’au studio de Mike Orlando, qui se trouve dans une autre partie de la ville. Elle est arrivée, s’est assise, a écouté le morceau… et elle l’a complètement explosé. Franchement, elle était ultra professionnelle.

Et pour revenir à ce que disait Coosh tout à l’heure, parfois on a presque l’impression que l’univers nous aide un peu. Comme si certaines rencontres ou certains moments étaient simplement destinés à arriver. Jillian faisait partie de ces moments-là. Mike Romeo aussi.

Il y a eu énormément de petits événements comme ça qui ont fini par devenir des éléments énormes de l’album, et Jillian en faisait clairement partie. La session n’a même pas duré très longtemps, honnêtement. Peut-être quarante minutes. Elle est arrivée, elle a tout donné, puis elle nous a quasiment dit : “Bon, salut les gars.” On lui a payé son Uber, offert quelques parts de pizza… et voilà.

Coosh — Oui, c’est ça. Quelques parts de pizza et elle était contente. Mais honnêtement, c’était un moment vraiment mémorable. Même Mike Orlando était bluffé par sa performance. Il disait : “Franchement, je pourrais aussi travailler avec elle sur d’autres projets.”

Pete — Ah oui, complètement. Il voulait même lui écrire un album entier à un moment. Elle a vraiment impressionné tout le monde dans la pièce.


C’est vraiment super. Et pourquoi avoir choisi ce morceau pour clôturer l’album (si on ne compte pas les bonus tracks) ?
Pete — Je pense que c’est simplement un morceau très positif. Ça nous semblait être la meilleure façon de conclure émotionnellement l’album. Avec tous les thèmes de rébellion et les “battle cries” présents sur le disque, The Unbeaten porte finalement un message qui dit : “Aidons-nous les uns les autres. Soutenons-nous.”

Si quelqu’un traverse une période difficile ou se sent au plus bas, ce n’est pas terminé. On peut encore avancer. On peut encore réussir. Il faut juste se relever et continuer. Et peut-être tendre la main aux autres au passage. Du coup, ça nous paraissait être une très belle note positive pour terminer l’album. Quelque chose de plus chaleureux et humain après toute cette intensité. Ça semblait être une manière cool et sincère de conclure le disque.


C’est vraiment très beau.
Et si cet album était la bande-son d’un film, quel genre de film ce serait ?
Pete — Hmm… wow, excellente question. Qu’est-ce que t’en penses, Coosh ? Je dirais peut-être une histoire d’outsider qui finit par s’en sortir. Un peu un récit à la David contre Goliath. Ou plus généralement un film qui parle de victoire personnelle, du fait de surmonter les difficultés. Quelque chose de triomphant. Un film qui se termine avec ce sentiment de victoire et de libération émotionnelle.

Coosh — Oui, honnêtement, c’est la première fois qu’on nous pose une question comme ça. Pour moi, ce serait probablement l’histoire de quelqu’un qui s’est perdu à un moment de sa vie… puis qui a fini par retrouver son chemin. Peut-être quelqu’un qui s’est éloigné de sa famille ou des gens qu’il aimait, avant de réussir à se reconnecter avec eux et comprendre ce qui compte vraiment dans la vie. Pour moi, The Unbeaten est un morceau très émotionnel. C’est une de ces chansons qu’on ressent vraiment dans le cœur. Même aujourd’hui, quand elle passe, je l’écoute toujours jusqu’à la toute dernière seconde.

Pete — Exactement. C’est une chanson qui parle de victoire. Pas d’une victoire militaire ou d’une bataille physique, mais d’une victoire sur les difficultés de la vie. Sur ses démons intérieurs, son passé, ses propres épreuves.

Coosh — Et aussi du fait d’être reconnaissant envers les personnes qui t’ont laissé revenir dans leur vie et qui t’ont aidé à retrouver ton chemin.

Pete — Et envers toutes les personnes qui t’ont soutenu tout au long du parcours. Honnêtement, il existe probablement des millions de films qui racontent exactement ce genre d’histoire.


Et y a-t-il un morceau que vous avez particulièrement hâte de jouer en live ?
Pete — Oui, complètement. On n’a joué Vigilance qu’une seule fois en live pour le moment, mais honnêtement, c’est un morceau tellement fun à jouer. Pour la tournée qui arrive, il est actuellement placé vers le quatrième morceau de la setlist, mais on réfléchit sérieusement à en faire notre morceau d’ouverture pour les prochains concerts.

Parce que quand on le joue sur scène, toute la puissance du morceau ressort vraiment. C’est juste extrêmement plaisant à jouer. Même pendant les répétitions, alors qu’on le rejoue encore et encore, il continue de nous mettre une claque à chaque fois. Donc oui, j’ai vraiment hâte que les gens puissent découvrir ce morceau en live.

Coosh — Oui, il a totalement raison. Même en répétition, quand le morceau démarre, tu ressens physiquement l’énergie traverser ton corps. C’est comme si ça remontait dans tes jambes et te donnait ce petit frisson d’adrénaline. Tu te dis immédiatement : “Ok… ça, c’est du bon.”


Ça fait plaisir à entendre.
Et enfin, avez-vous un message pour les personnes qui écoutent votre musique ?
Pete — Plus que tout, énormément de gratitude et de remerciements. Et honnêtement, si les gens aiment notre musique, qu’ils n’hésitent pas à la partager autour d’eux. À en parler à leurs amis. Mettre un like, un follow, un pouce bleu… toutes ces choses comptent réellement aujourd’hui. Les personnes qui organisent des concerts, des tournées ou des festivals regardent ce genre de statistiques et d’interactions, et c’est ce qui permet aux groupes d’avancer et de grandir. Donc que ce soit partager la musique, laisser un commentaire, nous envoyer un message ou simplement parler du groupe autour de vous, tout ça aide énormément. Et sincèrement, merci pour tout ça.

Coosh — Moi, je dirais aussi : n’hésitez pas à venir nous parler. Si la musique vous touche, si vous avez l’impression qu’elle vous a aidé d’une manière ou d’une autre, ou si vous sentez qu’on partage des expériences ou des émotions communes, on est toujours ouverts à la discussion. On ne se considère jamais “au-dessus” des gens au point de ne pas répondre aux messages ou d’échanger avec eux. On adore communiquer avec nos fans, et certains sont même devenus de vrais amis avec le temps.

On a par exemple un gars qui s’appelle Angelo, qui vient jusqu’à Charlotte juste pour nous voir en concert, et il est ultra enthousiaste à l’idée de venir. Donc oui, ce lien avec les gens, c’est probablement l’une des choses les plus importantes pour moi. Si vous êtes fans et que vous voulez discuter, on est là.


Eh bien, je crois que je n’ai plus de questions. Est-ce qu’il y a autre chose que vous aimeriez ajouter ?
Pete — Honnêtement, on a vraiment hâte de venir jouer en Europe. On espère pouvoir venir l’année prochaine en Allemagne, en France, en Espagne… en vrai, on aimerait tout faire. Parce qu’on sait que les vrais passionnés de metal, les “old-school metalheads”, sont là-bas, et on sait qu’on passerait un moment incroyable avec ce public. Donc oui, on espère vraiment pouvoir voir certains d’entre vous l’année prochaine. On va travailler très dur cette année pour que ça puisse arriver.


Et nous, on espère vous voir l’année prochaine aussi.
Les deux — Merci !


Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions aujourd’hui, et félicitations pour ce nouvel album !
Les deux — Merci de nous avoir reçus. Ça fait plaisir d’être là. Merci beaucoup.

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