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Beartooth : Pure Ecstasy, sortir de soi pour mieux se trouver

  • il y a 1 heure
  • 3 min de lecture

   Vendredi 28 Août 2026. Une date que la team Earama (et moi-même) attendions avec impatience pour découvrir le nouvel opus de Beartooth : Pure Ecstasy

Empreint de significations profondes et d’une évolution notable, c’est un album qui en surprendra plus d’un, et qui pose les bases d’un nouveau Beartooth plus épanoui, et d’un nouveau Caleb Shomo plus ouvert à la collaboration. 


Beartooth by Ashley Osborn
© Ashley Osborn

   ‘Ecstasy’, certes, mais pas simplement dans un sentiment de plénitude. Ici, on remonte à l'étymologie même du mot, où “ekstasis”, au sens littéral, devient alors l’expression de son esprit, âme ou conscience poussé hors de son état habituel, qui peut-être ici interprété comme la zone de confort. C’est précisément l’expérience même de l’album, du point de vue de son créateur comme de son auditeur. 


   Et Caleb Shomo a sauté la tête la première hors de cette zone de confort, alliant une nouvelle expérience en studio avec la formation au complet, à des collaborations qui ont su amener le groupe à de nouveaux sommets. On retrouve ainsi Skyler Accord (Twenty One Pilots, Bilmuri…) comme second parolier, et le très populaire Jordan Fish, venu ajouter sa touche à la production, là où le frontman tenait habituellement les rênes. Et je dirais que ce qui fait aujourd’hui la force de ce producteur en vogue est son adaptabilité au groupe qu’il accompagne, ajoutant une touche electro, moderne, reconnaissable, mais toujours unique.



   Et si ces collaborations ont poussé l’album à prendre une ampleur différente, Caleb Shomo en ressort grandi. Pensé autant comme un voyage auditif pour celui qui l’écoute que comme un exutoire pour celui qui l’écrit, les 11 titres sont à écouter du début à la fin pour une expérience optimum. 


   On commence par le mal-être le plus profond, la bataille intérieure, pour passer par les différentes étapes de la reprise de confiance et de l’affirmation de soi ; la peur du jugement, le point de rupture, la renaissance, l’espoir d’un avenir meilleur, le sentiment de liberté semblant si proche et si loin à la fois, la décision prise et les doutes et douleurs qui l’accompagnent… Jusqu’à une fin qui s’affiche comme un mélange de gris, où l’envie de s’en sortir et de se dire un jour “I made it” est présente, tout en comprenant que ce ne sera pas simple. 



   L’album se termine donc sur “I guess loving myself could never be true”, faisant directement écho au titre Might Love Myself, du précédent opus, témoignant du besoin de liberté pour toucher cet idéal du doigt. Une écriture réfléchie et des riffs travaillés ; on n’en attendait pas moins ! 


Tout au long de l’album, les titres se répondent, que ce soit une guitare électrique utilisée comme une acoustique pour nous offrir un moment plus intimiste, reliant ainsi le morceau-titre à Free, ou la mention d’un ‘halo’ qui reliera ce deuxième titre à Eyes Closed. Plusieurs allusions sont d’ailleurs faites à la religion, que ce soit par des images ou symboles comme la croix présente sur la pochette de l’album, mais donnent plus un sentiment de jugement et de questionnement que d’une réelle relation à elle. 


Beartooth Pure Ecstasy

   Certains diront qu’on retrouve un Caleb Shomo plus vulnérable que jamais. Pour ma part, je trouve que cette vulnérabilité a toujours fait partie intégrante de Beartooth et de l’écriture du chanteur, comme on a pu le retrouver à travers After All, Skin, ou encore Sick Of Me, mais moins à travers le précédent opus.


Pure Ecstasy allie la violence de Disgusting, la vulnérabilité de Disease, et les refrains catchy de The Surface. Cet album est la suite logique de ce que nous a offert Beartooth jusqu’à présent, tout en témoignant d’une évolution qui n’a pas fini de nous surprendre.


   C’est pour cela que Pure Ecstasy reste un album à prises de risques à travers les nombreux changements (notamment dans le processus créatif) dont Beartooth ressort gagnant et grandi. La production laisse la part belle à chaque instrument ; une guitare plus hard rock sur Lose You To Find Me, un solo de batterie sur Sorry ou encore une basse très groovy pour le closing track. Seul petit ‘hic’ -selon moi- reste l’utilisation de l’autotune, qui n’ajoute pas nécessairement quelque chose au morceau, et dont Caleb Shomo n’a réellement pas besoin, comme nous l’ont prouvé ses screams bien plus poussés et son growl frôlant le guttural. 



    Pure Ecstasy ne laisse rien au hasard. Sixième projet du quintet mais le premier chez Fearless Records, il compte beaucoup pour le groupe, et ça se ressent dans chacun des détails peaufinés avec soin. C’est un album qui va sans doute vous briser le coeur et le recoller en même temps à chaque écoute, mais c’est un album qui saura vous donner l’envie de hurler ses paroles en live lors de la prochaine tournée de Beartooth qui commencera dans seulement quelques semaines, avec un arrêt à l’Elysée Montmartre de Paris le 1er Octobre !


Beartooth Paris 2026

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