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The Dead South le à L’Olympia ou quand le folk-bluegrass se teinte de country

  • il y a 2 jours
  • 4 min de lecture

   C’est pour notre plus grand plaisir que The Dead South a annoncé une tournée française cette année. Nous étions dans les starting blocks tellement nous sommes friands de cette musique chez Earama. Le rock a tant de facettes que la tête nous en tourne parfois et lorsque des artistes décident d’inventer leur propre style, c’est l’apothéose !


   C’est bien le cas de The Dead South, qui se voulait au démarrage bluegrass, mais a vite choisi de s’identifier, de teinter ce style de leurs influences et passions musicales. C’est ainsi que dès le premier album ils se déclarent folk-bluegrass. Si vous tendez l’oreille vous y trouverez de suite des influences très marquées de country et l’amour de Scott pour le metal. un savoureux cocktail à déguster sans modération (comme le whisky qui circule librement sur scène, donnant au groupe l’occasion de lever leur verre en notre honneur).


   Mais commençons par le commencement. Lorsque la team Earama entre dans la salle mythique de l’Olympia il est tôt, aussi nous pouvons l’admirer s’emplir d’un public extrêmement diversifié, tant en origine musicale, qu’en look ou encore en âge. The Dead South possède un très large panel d’amoureux de leur musique. L’ambiance est fraternelle, positive, détendue, on se sent tout de suite “in good company”.


photos : @jen.earama


   La première partie, assurée par Benjamin Dakota Rogers est une pure pépite ! Au premier abord, lorsqu’il entre sur scène, on peut se permettre d’avoir des doutes. Il arrive de façon timide, tranquille, presque effacé. Les décors de Dead South aux allures de vieille ville de western abandonnée sont gigantesques et magnifiques, et ce petit homme-là s'approche du micro sans bruit, avec pour toute compagnie, une guitare. Il semble mangé par la salle, par la scène, puis l’instant, cet instant, il commence à jouer doucement et… il chante… Sa voix nous attrape l’âme de suite, il vit ce qu’il joue et ce qu’il chante et c’est soudain toute la salle qui se fait petite devant lui. Auteur compositeur, multi-instrumentiste, Benjamin a sans nul doute de l’or dans les mains et dans la voix et aucun sable à l’horizon, c’est l'Eldorado du chercheur d’or et de folk à lui seul. Plus les morceaux s'enchaînent, plus le public est conquis. C’est donc un pari réussi pour lui, peu connu en France, qui se soldera par une ovation magique à la fin de son set. 


photos : @jen.earama


   Puis à nouveau, les lumières de la salle s’éteignent, les décors se teintent comme au petit matin dans cette ville imaginaire et la fumée, telle une brume épaisse, donne une ambiance hors du commun. Le décor est planté, et les voilà, sourire aux lèvres entonnant Snake Man afin de nous mettre dans l’ambiance. 

Scott, nous éblouit, mandoline ou guitare en mains. Il est inspiré, parfois comme absorbé par la musique, tambourin au pied, il bat la mesure, joue avec passion comme possédé par sa musique. Sa voix ne faillit jamais, il est habité et nous embarque si aisément avec lui… Il nous prouvera également son humour en tentant de nous expliquer en français l’histoire de That Bastard Son : “C’est heu… quand tu as trop bu et ta chérie veut pas que toi… comment… Nate how do you say that ? (-rentrer, ouvrir la porte) Oui elle veut pas toi rentrer, tu dors dehors“.


   Oui parce que c’est ça aussi la force de The Dead South; la complicité de ses membres. On repère les private jokes, les sourires en coin, le petit pas de travers que l’autre n’a pas manqué et ça se sourit, ça rit; la connivence est belle à voir!


   Nate sera celui qui nous parlera toute la soirée étant à l’aise avec le français. Lui c’est la country incarnée! Sa voix sent les longues histoires du poor lonesome cowboy, racontées avec second degré et pourtant si profondes. Il a une présence inimitable, une voix incomparable et un jeu de guitare irréprochable! Il sait maintenir l’ambiance, faire chanter le public et mettre à l’aise le jeune Caelum Scott remplaçant de Colton au banjo pour les tournées européennes. 


   Nommé par le band “The disciple” il prend un vrai plaisir à être là, embauché au pied levé lors de la tournée 2024, il était simplement fan du groupe et connaissait tous les morceaux par coeur! Et croyez-moi, il mérite sa place. Les autres membres ne manqueront d’ailleurs pas de l’encenser durant le concert et c’est légitime. Même avec un membre “intérimaire” la complicité de The Dead South se ressent en permanence. 


   Complicité également bien partagée avec Danny, dont la folie au violoncelle relève du génie! Tenant son instrument la plupart du temps comme une basse, il court et saute sur toute la scène comme si le poids de ce corps gigantesque de bois ne comptait pas! A d’autres moments il donnera une profondeur magique presque mystique aux morceaux en jouant bel et bien sur un violoncelle qui nous ensorcelle et nous laisse admiratifs et silencieux. Et puis n’oublions pas la voix de Danny, magnifique, car oui, dans The Dead South, TOUT LE MONDE chante ! 


   Vous l’aurez compris c’est un groupe de partage, tant dans leurs goûts et influences que dans la passion, l’amitié, et c’est tout cela que The Dead South a partagé avec nous durant ce concert de folie à l’Olympia où le public n’a cessé de chanter et applaudir. Ils nous quitteront sur le fameux Banjo Odyssey, morceaux incontournable du groupe.



   Nous en gardons un souvenir impérissable, c’est une expérience incomparable. Pour ceux qui étaient là, je suis sûre que ces mots feront écho. Pour les absents : Ne le soyez pas la prochaine fois !


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