Iron Maiden à Paris La Défense Arena : chronique d'une soirée exceptionnelle interrompue par une panne d'électricité
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À l'occasion des 50 ans de carrière d'Iron Maiden, le groupe mythique a présenté à Paris un spectacle entièrement consacré à ses neuf premiers albums. Une tournée anniversaire qui met volontairement de côté les morceaux récents pour revenir aux classiques qui ont construit la légende du groupe. A cette occasion, nous avons eu la chance de les voir lors de leur passage à la Défense Arena ; une soirée prometteuse mais qui s'est finie avec un goût amer pour la réputation de la salle.

La soirée a débuté avec Evergrey, groupe suédois de metal progressif reconnu pour son mélange de puissance et de mélodies atmosphériques. Une prestation d'environ 45 minutes durant laquelle le groupe a proposé un son très propre, dominé par des guitares lourdes, des ambiances mélancoliques et la voix puissante de Tom Englund.
Malgré un style plus progressif que celui d'Iron Maiden, Evergrey a réussi à capter rapidement l'attention du public. Les morceaux alternaient passages mélodiques et riffs massifs, préparant l'ambiance avant l'arrivée de la tête d'affiche. Le groupe lui-même a qualifié la date parisienne d'exceptionnelle après le concert.

Après 45 minutes d'entracte, les premières notes du traditionnel Doctor Doctor de UFO résonnent dans l'arène, annonçant l'arrivée imminente d'Iron Maiden. Les lumières s'éteignent, laissant place à The Ides of March, tandis que les musiciens prennent place sur scène.
Le réel coup d'envoi a toutefois été Murders in the Rue Morgue, suivi de Wrathchild et Killers, donnant le ton d'une soirée orientée vers les premières années du groupe.
Bruce Dickinson est apparu en excellente forme vocale, très mobile sur scène malgré la durée annoncée du spectacle. Steve Harris est resté le véritable moteur du groupe avec sa basse omniprésente tandis que le nouveau batteur Simon Dawson a assuré une performance solide, montrant une intégration fluide et réussie.
La mise en scène était particulièrement travaillée : de grands décors évolutifs rappelant chaque époque des premiers albums , de multiples apparitions d'Eddie sous différentes formes , de nombreux changements de costumes pour Bruce Dickinson, des éclairages très dynamiques , des écrans géants diffusant des animations inspirées des pochettes historiques du groupe...
L'ensemble donnait l'impression de parcourir toute l'histoire d'Iron Maiden.
Malgré une prestation très attendue, le concert a été marqué par un incident majeur. Aux alentours de 21h40, alors que la tête d'affiche interprétait 2 Minutes to Midnight, une importante panne d'électricité a touché Paris La Défense Arena, plongeant la salle dans l'obscurité pendant près d'une heure. Les générateurs de secours ont permis de rétablir un éclairage minimal, mais le concert a dû être interrompu jusqu'au retour complet de l'alimentation électrique. Une panne pourtant annoncée "dans le secteur" aux premiers abords, mais qui, selon certaines sources, n'auraient touché que la Défense Arena.

Panne survenue lors d'un concert particulièrement important pour le groupe, puisque cette date parisienne était filmée pour un futur projet vidéo et se déroulait dans le cadre d'une expérience sans téléphone, les appareils des spectateurs étant rangés dans des pochettes Yondr verrouillées afin de préserver la qualité des images et l'immersion du public. Film qui devait suivre le documentaire anniversaire Burning Ambition récemment sorti au cinéma.
Une fois le courant rétabli, Bruce Dickinson est revenu sur scène pour expliquer au public que le groupe ne pourrait malheureusement pas prolonger le spectacle au-delà de 23h30, en raison du couvre-feu imposé à la salle, mentionnant qu'il "préfère jouer à Bercy" (Accor Arena). Cette contrainte a obligé Iron Maiden à écourter sa prestation en supprimant l'intégralité du rappel, privant ainsi les spectateurs de morceaux emblématiques comme Aces High, la tante attendue Fear of the Dark et Wasted Years, habituellement joués pour conclure le concert.
Mais même avec un concert interrompu et écourté, Iron Maiden n'a pas manqué d'apporter à ses fans plusieurs morceaux qui ont particulièrement marqué le public. On peut parler notamment de Phantom of the Opera, rarement joué ces dernières années et quia enthousiasmé les fans de la première heure, ou encore Rime of the Ancient Mariner, avec ses plus de 13 minutes, qui a constitué l'un des sommets techniques du concert. Mais n'oublions pas non plus la mythique The Trooper, avec Bruce Dickinson brandissant l'Union Jack devant une foule en délire.
Ce concert à Paris La Défense Arena s'est imposé comme une véritable célébration de l'histoire d'Iron Maiden. En concentrant la setlist sur leurs neuf premiers albums, le groupe a offert aux fans un voyage à travers les morceaux qui ont façonné le heavy metal. La qualité de la production, l'énergie de Bruce Dickinson, la précision des musiciens et l'accueil enthousiaste réservé à Evergrey ont fait de cette soirée l'un des temps forts de la tournée Run for Your Lives, et ce, même avec un incident qui aurait pu laisser un goût amer à plus d'un spectateur.



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