Vindicate : le tournant d'un Black Veil Brides plus affirmé (et mieux entouré)
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Tantôt hués, tantôt admirés, Black Veil Brides ont su faire couler l'encre des médias et des haters au fil des années. Se jouant des clichés et des caricatures aux premiers abords, le groupe a aujourd'hui complètement changé de direction artistique pour nous offrir le meilleur d'une évolution acquise au fil du temps, et de l'expérience. Revenons ensemble sur leurs pas pour mieux comprendre ce grand tournant.

Tout commence en 2024 avec la sortie de Bleeders, ode à Sweeney Todd, nous offrant un Black Veil Brides plus sombre, mais pas caricaturale malgré l'aspect cinématographique de la thématique. Des sonorités presque électroniques viennent se mêler à des guitares qui prennent aux tripes, portant le son signature du groupe, mais également un scream de la part du leader Andy Biersack qui fait une apparition discrète, mais remarquée. Le quintet s'ancre alors dans un son plus lourd, plus harmoniques, parfois, maitrisant la balance nécessaire entre le chaos et les moments de pause.
Suite à cette sortie, le groupe lancera d'ailleurs la campagne éponyme, appelant à des dons du sang (pour les hôpitaux) à l'entrée de leurs concerts, procurant le statut de "bleeder". Une campagne faite pour aider le milieu médical tout en responsabilisant le jeune public du groupe qui se renouvelle d'années en années.
Suite à ça, il faudra attendre Juillet 2025 pour découvrir l'extrait suivant : Hallelujah. Un titre qui reste ancré dans le rock mais teinté d'un metalcore très moderne, digne d'un Ice Nine Kills ou d'un Motionless In White, avec une composition similaire. On est déjà face à un vrai tournant ; un son qui a évolué, des couplets qui frappent et des refrains fédérateurs, le tout porté par un scream qui a été travaillé et perfectionné, mais fait avec une envie de prouver quelque chose. Et c'est ce qui a été fait sur la scène du Vans Warped Tour 2025, où Black Veil Brides a pu prendre sa revanche 10 ans après leur dernier passage qui avait laissé la presse bien trop mitigée.
Mais c'est là où se dénote Certainty, single sorti en Janvier 2026. Le groupe ne cherche pas à montrer quoi que ce soit, mais à créer, à tester différentes sonorités, différents effets, et le mix du chant clair et du scream vient parfaire cette balance entre animosité et respirations, plongeant un peu plus dans des touches électro rappelant Architects ou encore Bring Me The Horizon. On commence à comprendre où le groupe nous amène, et on est alors très confiants mais aussi impatients de découvrir ce que le groupe nous réserve.
Le 19 Mars 2026 sort le titre éponyme d'un album prévu pour début Juillet, un morceau qui n'a rien à envier aux singles précédents. Si le 2ème titre de la tracklist présentes des allures plus affirmées, et des expériences sonores réussies, là où Black Veil Brides a tapé fort, c'est dans un breakdown aussi surprenant que maîtrisé, accompagné d'une technique vocale qui ont tous deux bien évolués depuis The Legacy.
Mais nous n'avons pas été les seuls à le remarquer. En effet, Rob Flynn lui-même est venu collaborer sur Revenger, un duo qui montre que l'ascension du groupe aujourd'hui sur le devant de la scène Rock/Metal est prise au sérieux et le travail est reconnu à sa juste valeur.
Le dernier single, lui, ne sort qu'à la veille de l'album, et n'en montre peut-être pas sa plus grande force, mais sa plus grande vulnérabilité. Sonnant comme une ballade mélancolique, Cut se voit partagé avec la femme de Biersack, aujourd'hui connue sous le nom de Lilith Czar. Si nous sommes habitués à leurs featurings et duos émotifs, mais ici, nous sommes face à un titre plus aboutit, peut-être par la maturité sonore gagnée par les deux partis. On découvre une facette que nous n'avions pas encore vu dans ce tournant de Black Veil Brides, promettant un album haut en couleurs.
C'est ainsi que Vindicate sort le 8 Mai, et c'est l'explosion. On y découvre 8 autre titres, aussi variés que prometteur pour les prochains lives de la formation rock. On est bercé par cette envie de revendiquer sa place, de défendre ses rêves et ses ambitions des démons intérieurs (ou extérieurs) qui cherchent à nous en empêcher. Mais je laisse le frontman vous l'expliquer de ses propres mots.
« Cet album est ancré dans des sentiments de vengeance et de revanche. Ce sont des émotions qui peuvent soit nous pousser en avant, soit nous freiner. Elles recèlent une dualité. Elles peuvent alimenter la croissance, stimuler l’ambition et nous aider à surmonter ce qui a tenté de nous briser, mais elles peuvent aussi devenir destructrices si nous les laissons nous consumer. Chaque chanson explore une facette différente de cette lutte. Parfois, il s’agit de se venger de quelqu’un d’autre, parfois de se confronter à soi-même et à son passé, à sa douleur ou à ce qu’on nous a fait subir. Au fond, cependant, cet album parle de résilience. Il s’adresse à tous ceux dont les rêves ont été remis en question ou dont la flamme a été éteinte par des gens incapables de voir leur vision. Nous sommes tous nés avec cette étincelle. Le monde tente parfois de nous la prendre, mais cet album parle de s’y accrocher, de riposter et de transformer ces luttes en quelque chose de puissant. »
-Andy Biersack-
Et si tous les titres méritent d'être mis en lumière, certains retiennent plus notre attention.On y retrouve un interlude habituel, mais également Purgatory (Overture IV), qui avait commencé en 2012 sur Wretched And Divine, mais qui n'a pas fait parti du prédécesseur The Phantom Tomorrow (2021). Les "overture" présentent cette particularité si technique et ont toujours prouvé la créativité et l'éclectisme dont peut faire preuve le quintet. Portés par le violon de Jinxx, ils nous entraînent dans l'univers de l'album, vu sous un angle différent, apportant une touche si singulière à un album déjà remarquable.
Mais ce qui fait la force d'un album de Black Veil Brides n'est pas seulement sa composition musicale, mais l'expérience qui en découd. L'album commence avec Invocation To The Muse, qui est presque silencieuse, ne laissant que la voix du chanteur commencer à nous conter l'histoire d'un opus qui deviendra rapidemment leur force, et on termine avec Eschaton, qui, paradoxalement à sa signification, sonne comme le cri d'un nouveau chapitre. L'album se clôture alors sur "Just keep fighting on, Life is never won".

Et si nous pouvons toutefois comparer certains éléments pour montrer une montée fulgurante, on ne peut pas nier la renouveau dont fait preuve le quintet à travers ce septième opus. A noter que Jake Pitts a passé le flambeau du rôle de producteur du groupe (rôle endossé pendant des années), pour le confier à Jeff Dunne (Knocked Loose, Ice Nine Kills...) et Erik Ron, déjà présent sur The Phantom Tomorrow. Mixé par Zakk Cervini (Limp Bizkit, Blink-182, Bad Omens...), on sent à travers chaque note, chaque riff, une équipe bien plus solide et qui a su tiré le meilleur d'eux-mêmes pour offrir un opus à la hauteur du renouveau de Black Veil Brides.
En résumé, ce qui fait aujourd'hui la grande force dans ce tournant si particulier du groupe, c'est son renouveau, aux allures plus metalcore mais en gardant son identité d'origine. C'est le travail fourni, et sa reconnaissance à travers des featurings qui font parler. C'est l'art de raconter une histoire, de transmettre une émotion, à travers différentes expérimentations sonores. C'est une équipe renforcée et dynamique. Mais c'est également une évolution personnelle, prouvant autant en studio que sur scène que Black Veil Brides sont loin d'avoir montré tout ce dont ils étaient capables, et que nous allons entendre parler d'eux encore longtemps.
Et si vous ne me croyez pas, je vous invite à aller les voir en live lors de leur passage sur nos routes françaises le mois prochains le 21 Juin au Hellfest et le 24 Juin en tête d'affiche du Bataclan. Il vous faudra toutefois vous trouver des places en revente, car, vistimes de leur succès, le concert affiche déjà complet !



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