"Merci Paris !" : Bad Omens enflamme le Zénith
- Eden Bisiot
- il y a 4 heures
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Sold out depuis des mois, le concert parisien de Bad Omens du 2 Décembre était une des dates les plus attendues de 2025 par tous les metalheads français. Une date qui a montré une fois de plus la montée en puissance de Bad Omens tant par sa prestation que la taille du public réuni dans la grande salle de La Villette.

La soirée commence non pas en douceur mais comme une explosion avec l’arrivée de The Ghost Inside à 19 heures tapantes. Le groupe sait mettre l’ambiance et s’approprie la scène comme s’il était la tête d’affiche. La scénographie reste simple mais efficace et chaque membre connaît son rôle et semble prendre un grand plaisir à jouer. Jonathan Vigil, chanteur de la formation, installe une proximité avec le public à travers de nombreuses interactions, comme des “We love coming here, we always see amazing people”, mais aussi des “merci beaucoup”, et bien sûr, une dédicace spéciale au batteur Andrew Tkaczyk, qui n’est doté que d’une jambe mais joue d’une technique impeccable par son talent et un système adapté ! Un set de 40 minutes au cours duquel le groupe a réussi sa mission de chauffer la salle en ce début de soirée prometteur.
L’attente n’a pas le temps de venir peser sur la foule que BILMURI entre en scène. Les coups de 20h sonnent avec EMPTYHANDED, un titre phare du dernier album du groupe intitulé American Horror Spot, sorti en 2024. Une ambiance de fête s’élève dans la salle et la foule réagit, saute et danse au rythme de la musique. Certains restent cependant perplexes face au mix de la pop à cet univers plus sombre. Mais cela n’empêche pas le groupe d’installer une ambiance plus que festive et déchainer les foules. On notera d’ailleurs l’apparition de Noah Sebastian sur le titre More Than Hate, pour hurler un simple “Hate” mais qui a enflammé le public.

Après une pause qui a permis aux fans de recharger leurs batteries et leurs verres, la salle est plongée dans le noir, et un silence pèse sur la grande salle de la Villette, attendant d’être rompu par l’arrivée tant attendu de la tête d’affiche.
Les écrans s’allument, laissant apparaître une scénette, une petite pause dans l’espace temps avant les premières notes de Specter, premier de la série de nouveaux singles de Bad Omens. Scénette dont on retrouvera la suite à chaque début de l'un des nouveaux titres. Les musiciens entrent sur scène, brisant enfin l’atmosphère lourde et libérant enfin la foule de son mutisme. Noah, leader charismatique de la formation, pose le pied sur la scène du zénith et dès les premiers mots, le public est partagé entre bouche bée d’admiration, et chant fanatique de chaque rime.

Il n'a suffit d'attendre que le deuxième titre, Glass Houses, pour que Noah appelle au circle pit. La foule s'exécute et gardera cette énergie pour le restant de la soirée. La setlist oscille entre nouveaux titres et premiers albums, pour le plus grand plaisir des fans de la première heure. On y retrouve Dying To Love, Left For Good, Impose, mais aussi des classiques comme la mythique Artificial Suicide, la star des réseaux qu’est Just Pretend, ou la collaboration si appréciée V.A.N . Pour les rappels, une seule chanson est au programme, mais pas des moindres: Dethrone.
Et si la foule semblait être en apothéose face à ce titre tant attendu, il n’a pas pris de pause de la soirée : mosh pits, wall of death, slams… Même les gradins étaient debout, sautant, chantant, hurlant chacune des paroles. Chacun en extase devant une scénographie travaillée, mêlant une animation haute en couleurs sur les écrans géants en fond de scène à un jeu de lumière aussi esthétique que dynamique, et de la pyrotechnie parfaitement maîtrisée.

Les interactions avec le public ont été nombreuses, et toujours bienveillantes. Noah n’a eu de cesse d’emporter le public avec lui dans la danse de cette soirée metalcore à souhait, et de le remercier d’être venu aussi nombreux et de continuer à soutenir Bad Omens au quotidien. Il semblait touché par leur dévotion et donnait une réelle impression d’être heureux sur la scène française du Zénith de Paris.
Pas de fausse note, bien que quelques doutes. Si par moment Noah faisait preuves de prouesses vocales, d'autres, certains se demandaient pourquoi le son restait audible même quand le frontman ne portait pas le micro à sa bouche. Peut-être que le ‘playback’ est une conclusion un peu trop hâtive et que nous avons là à faire à un problème de notre époque : la technologie. Bad Omens est connu pour les effets apportés à ses sons, à ses riffs distordus et ses voix parfois légèrement robotisées. Mais difficile de transcrire une telle chose en live sans ordinateur et sans back-ups…

Mais peu importe ce détail dans le résultat final de l'équation : une foule ravie, comblée, repartie avec des souvenirs plein la tête et le sourire aux lèvres. Ce fut une soirée mémorable dans l’univers des concerts de metal, ou chaque musicien a pris un moment sous les spots pour montrer sa valeur et son talent, offrant aux fans un spectacle maîtrisé et inoubliable. Les trois groupes, bien qu’étant un choix assez éclectique, ont su apporter leur univers, à leur manière, à une foule qui avait beaucoup d’attente.




